| identifiant | CG12-29748.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1812/01/14 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au général Dumas, conseiller d'État, directeur général des Revues et de la Conscription |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 29748. - </b><span style="font-variant: normal">Au
général Dumas, conseiller d'État, directeur général des Revues
et de la Conscription</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 14 janvier 1812</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte
Dumas, je vous renvoie votre travail sut’ la conscription avec les
notes que j’ai dictées au baron Fain et les observations qu’il y
a faites. Cela vous mettra au fait de mes intentions. J’ajoute les
observations suivantes :</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Mon intention est que
ma cavalerie reçoive le nombre d’hommes nécessaire pour que
chaque régiment ait 1 100 hommes.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ces régiments sont :
2 régiments de carabiniers, 13 de cuirassiers, 4 de dragons, 6 de
hussards, 7 de chevau-légers et 17 de chasseurs.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il me faut 10 ou
12 000 hommes. Indépendamment de ce, chaque dépôt des
régiments de cavalerie de l’armée d’Espagne doit recevoir
100 hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il n’y a rien de
changé à la disposition qui accorde 7 000 hommes à ma
Garde.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">L’artillerie et le
génie doivent recevoir ce qui est porté dans la répartition. Les
équipages militaires doivent recevoir un nombre d’hommes suffisant
pour compléter les bataillons.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous savez que j’ai
formé les six compagnies du 10 bataillon. Il faut, de plus,
des hommes pour quatre bataillons attelant de petites charrettes
à la comtoise<sup>[^1]</sup> ;
j’en estime le nombre à 1 500 ou 1 600, et pour trois
bataillons de voitures traînées par des bœufs, qui emploieront à
peu près le même nombre d’hommes. Il faudrait que les hommes
destinés à servir ces derniers bataillons fussent pris dans le pays
où l’on se sert d’attelages de bœufs.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’avais le dessein de
lever dans les huit départements voisins d’Espagne des régiments
de garde nationale, savoir : dans les départements des
Pyrénées-Orientales, des Hautes et Basses-Pyrénées, de l’Ariège,
de l’Aude, de la Haute-Garonne et des Landes. Mais je préfère
augmenter la conscription de ces huit départements, de manière à
me procurer une force de 9 000 à 10 000 hommes. En
prenant les 4<sup>es</sup> bataillons du 5<sup>e</sup> de ligne, du
11<sup>e</sup>, du 14<sup>e</sup>, qui est à Sedan, le 3<sup>e</sup>
bataillon du 79<sup>e </sup>et les 4<sup>es</sup> bataillons du 115<sup>e</sup>
et du 3<sup>e</sup> léger, un bataillon des 115<sup>e</sup>, 116<sup>e</sup>
et 117<sup>e</sup>, et des cadres dans les régiments de l’armée
d’Aragon et de l’armée de Catalogne<sup>[^2]</sup>,
on réunirait ainsi 16 3<sup>es</sup><font size="1" style="font-size: 6pt"><b>
</b></font>ou 4<sup>es</sup> bataillons. Ces bataillons recevraient
chacun 600 hommes ; on les diviserait en quatre brigades
provisoires, dont les chefs-lieux seraient à Pau, à Tarbes, à
Perpignan, à Montlouis. On y dirigerait les conscrits des huit
départements, en ayant soin qu’aucun conscrit ne se trouve dans
son département. La conscription de ces huit départements serait
plus forte, mais on fera connaître que cela épargnera la garde
nationale. Les quatre brigades seront sous les ordres de quatre
généraux de brigade et d’un général de division. On aurait
ainsi 9 000 ou 10 000 hommes qui ne bougeraient pas de
la frontière, qui seraient chargés de la garder et de la mettre à
l’abri de toute insulte. Vous concevez que les bataillons portés
pour la réserve de Bordeaux, de Tarbes, de Pan, de Perpignan ne
seront plus nécessaires.
</p><p style="margin-bottom: 0cm">Aussitôt que vous
aurez saisi ce travail, vous me l’apporterez. Il faudra ensuite
s’occuper du mouvement des conscrits. Tous les hommes de la
32<sup>e</sup> division militaire, tous les hommes du Piémont
et du reste de l’Italie doivent venir en France. Il ne faut pas
cependant envoyer les Italiens à Hambourg : ils resteraient
tous dans les hôpitaux. Il faut faire marcher les conscrits de
manière qu’ils aillent directement aux lieux où ils doivent
aller. Vous connaissez l’emplacement de leurs dépôts. C’est ce
qui m’a fait penser que le travail que je vous envoie devait
précéder la conscription, afin d’opérer avec connaissance de
cause. Il ne faut pas qu’un homme fasse une coutre-marche et
revienne sur ses pas pour gagner sa destination précise.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Lourde voiture de 650 kg pouvant porter jusqu’à 1 200 kg de matériel, tractée par des chevaux.
[^2]: Suchet commande les armées d’Aragon et de Catalogne, avec Dorsenne (Catalogne) sous son autorité.
[^3]: <span></span> Louis J. Margueron, <i>Campagne de Russie, première partie</i>, Paris, 1897, t. 3, p. 549.</body> |
|---|
| |