| identifiant | CG12-29683.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1812/01/07 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon au maréchal Davout, commandant le corps d'observation de l'Elbe et gouverneur des villes Hanséatiques |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG12</i> - 29683. - </b><span style="font-variant: normal">Au
maréchal Davout, commandant le corps d'observation de l'Elbe et
gouverneur des villes Hanséatiques</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 7 janvier 1812</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon cousin, je reçois
votre lettre du 2 janvier. Vous pouvez désavouer les dires du sieur
Hope<sup>[^1]</sup>,
et il y a ordre de confisquer toutes les denrées coloniales sans
exception. Ainsi le sieur Hope n'est pas fondé dans ses dires.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à la Poméranie
Suédoise, lorsque vous serez assuré qu'il y a une bonne quantité
de denrées coloniales rassemblées à Stralsund, vous y ferez
marcher brusquement deux divisions d'infanterie et deux brigades de
cavalerie légère, avec leur artillerie<sup>[^2]</sup>.
Vous ferez mettre l'embargo sur tous les bâtiments : vous ferez
confisquer toutes les marchandises coloniales, et vous intercepterez
toute communication de la Poméranie avec la Suède. Si les Suédois
font résistance, vous les ferez prisonniers : s'ils ne mettent
point d'opposition, vous les laisserez tranquilles : vous ne
ferez aucun changement dans l'administration et vous n'exigerez que
les vivres pour vos troupes. S'il y avait quelque opposition, vous
renverriez le gouverneur.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Au même instant, vous
ferez mettre l'embargo sur tous les bâtiments de Dantzig, <i>à
Lübeck, et dans le Mecklembourg.</i></p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous ne ferez aucun
manifeste ni aucune proclamation et vous ne souffrirez point que la
Régence en fasse aucune. Et vous mettez la main sur tout.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Une division est
suffisante pour occuper le pays : mais je désire en mettre
deux, d'abord pour infliger une sévère punition au pays :
ensuite, pour me trouver sous ce prétexte avoir 4 régiments de
cavalerie et trois divisions d'infanterie très près de Stettin et
rapprochés de 8 ou 10 marches de Dantzig. Il faudra donc que les
troupes occupent de préférence les environs d'Anklam et de Demmin.
Vous établirez sur-le-champ une communication directe de la
Poméranie Suédoise avec Stettin.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant à l'île de
Rugen, si vous jugez convenable d'y envoyer des troupes, vous y
enverrez les deux bataillons de Berg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il est convenable que
vous saisissiez la circonstance et preniez des mesures, de manière
qu'on ait l'avantage de trouver beaucoup de marchandises coloniales
dans le pays.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ainsi la division
Dessaix<sup>[^3]</sup>,
la division Friant et la division Compans ou Gudin, seraient toutes
sur Stettin, de sorte qu'elles se trouveraient avoir tourné Berlin
et être à portée de la Vistule. Deux régiments de cavalerie
légère se trouvent déjà à Dantzig, vous enverrez à Stralsund
quatre régiments de cavalerie avec le général Bruyères, ce qui
fera six régiments à portée.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quand votre mouvement
sera opéré sur Stralsund, vous ne manquerez pas d'en instruire le
comte de Marsan<sup>[^4]</sup>,
en lui faisant connaître le motif. À toutes les lettres ou à
toutes les réclamations qui vous seront adressées, vous ne
répondrez rien, sinon que le système continental étant violé,
vous avez reçu l'ordre de poursuivre les marchandises coloniales
partout où elles se trouvent.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Lorsque vous aurez
<i>décidé</i> votre mouvement, il faudra le faire le plus simultané
possible, de manière que cela ne fasse qu'une nouvelle à
Saint-Pétersbourg.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous ai déjà mandé
de faire rapprocher de Magdebourg la 5<sup>e</sup> brigade de
cavalerie légère. La 5<sup>e</sup> division de cuirassiers doit
s'être réunie entre Magdebourg et Hambourg. Par ce moyen, votre
corps aura gagné neuf marches.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3>
[^1]: Ce négociant de Lübeck se livre à la contrebande de produits coloniaux en utilisant comme couverture un faux titre de conseiller de justice du Danemark.
[^2]: Par le traité de Paris du 6 janvier 1810, la France a rendu à la Suède la Poméranie suédoise qu’elle occupait. En contrepartie, la Suède avait adhéré au Blocus continental. C’est ce qui justifie cet ordre de Napoléon. Le 21 janvier suivant, Davout le répercutera sur le général Friant, chargé de la mission de faire cesser les entorses au Blocus en Poméranie. Cinq jours plus tard, les troupes françaises commenceront leur avance. Sur l’opération prescrite ici à Davout, voir ci-après, n° 29775.
[^3]: Orthographié « Desaix » sur l’expédition.
[^4]: Saint-Marsan, ministre plénipotentiaire à Berlin.
[^5]: Expédition, Archives nationales, 398 Mi 2 [384 AP 251-252 : fonds Suchet d’Albufera].</body> |
|---|
| |