CG11-29565.md

identifiantCG11-29565.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/12/31 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout, commandant le corps d’observation de l’Elbe et gouverneur général des villes Hanséatiques
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 29565. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Davout, commandant le corps d’observation de l’Elbe et gouverneur général des villes Hanséatiques</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 31 décembre 1811</h2><p>Mon cousin, écrivez en Pologne pour savoir s’il serait possible d’acheter 3 000 chevaux pour le dépôt de cavalerie légère qu’on formerait sur la rive gauche de la Vistule. Combien coûteraient ces chevaux ? Quelle taille auraient-ils ? Combien de jours faudrait-il prévenir d’avance ?</p><p>Pourrait-on trouver aussi 3 000 chevaux de trait ? Il me semble que la Pologne fournit peu de ressources de ce genre.</p><p>Pourriez-vous trouver dans le Mecklenbourg et dans le nord de l’Allemagne 3 000 chevaux de trait, et à quel prix ?</p><p>Pourrait-on former à Varsovie un bataillon d’équipages militaires, organisé comme les nôtres à six compagnies, de 771 hommes et de 1 227 chevaux, et 252 voitures ? Où trouverait-on les chevaux ? Où ferait-on les caissons ? Trouverait-on les hommes ? Dans ce cas ne serait-il pas nécessaire d’envoyer quelque commandant de compagnie pour aider à les organiser ? Combien coûterait la formation de ce bataillon ; quand serait-elle finie ?</p><p>Si je me décidais à le former, je voudrais qu’il eût l’air d’être créé pour l’armée polonaise, afin de garder les apparences.</p><p>Tous les régiments de cavalerie polonaise ne sont qu’à 4 escadrons ; je remarque qu’il faudrait placer les 4 escadrons à l’armée et n’avoir qu’un piquet au dépôt.</p><p>Communiquez au prince Poniatowski[^1] mon décret sur l’armement de la cavalerie. Il est impossible de laisser tant de régiments de lanciers sans carabines ; il faut que tous les hommes, ou au moins la moitié, aient des carabines, comme c’était l’ancien usage des Polonais. Pressez-le là-dessus, car je trouve fâcheux d’avoir 7 à 8 000 hommes sans armes, d’autant plus que les Cosaques sont armés de fusils. Faites-moi connaître, régiment par régiment, comment la cavalerie polonaise est armée, quel est l’armement des lanciers, quel est celui des chevau-légers. Sur les états que vous m’avez envoyés, je ne vois plus de cuirassiers.</p><p>Je voudrais bien que tous les régiments fussent portés à 1 100 hommes et à 1 000 chevaux, afin d’en avoir 950 devant l’ennemi. Il faudrait donc pour les seize régiments 16 000 chevaux ; il y en a, je crois, 11 000 ; ce serait donc 5 000 à acheter. Il faudrait en outre des hommes et des selles.</p><p>S’il n’y avait pas d’autre difficulté que l’argent, j’y pourvoirais volontiers ; mais aurait-on les hommes, leur habillement et leur harnachement ?</p><p>Je vois aux dépôts 1 800 chevaux, ce qui fait plus de 100 chevaux par régiment ; je suppose que les trois quarts rejoindraient les escadrons de guerre.</p><p>Remettez-moi l’état de situation des troupes du grand-duché au 1<sup>er</sup> janvier. Entrez dans tous les détails pour l’artillerie, car vous m’avez bien envoyé un état de l’artillerie de l’armée saxonne, mais vous ne m’en avez pas envoyé un semblable pour le grand-duché.</p><p>Entrez également dans le détail des transports militaires.</p><p>Je reviens sur la situation de leur cavalerie. Je vois que le complet n’est que de 12 000, hommes et chevaux ; je voudrais que le complet fût de 17 600 hommes et de 16 000 chevaux. Si cela leur paraît trop considérable, on pourrait admettre un complet de 16 000 hommes et de 14 400 chevaux, c’est-à-dire de 900 chevaux par régiment ; ce serait donc 4 900 chevaux à acheter. Je vous le répète, je ne vois pas de difficulté à en faire la dépense.</p><p>Il faudrait aussi demander au prince Poniatowski de préparer quelque travail pour l’organisation des ressources en transports militaires, comme cela avait été fait dans le courant de mai, quelque temps avant la campagne de Friedland, afin de s’assurer des moyens de convoi et de transport de Thorn, de Plock, de Zamosc et de Varsovie sur les points où l’on se porterait. Je suppose que le blé et l’avoine seront cette année en abondance.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: Ministre de la Guerre du duché de Varsovie. [^2]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 398 Mi 2 [384 AP 251-252 : fonds Suchet d’Albufera]. [<i>C</i> 18409]</body>