| identifiant | CG11-29240.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1811/12/02 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Davout, commandant le corps d’observation de l’Elbe et gouverneur général des villes Hanséatiques |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 29240. - </b><span style="font-variant: normal">Au maréchal Davout,
commandant le corps d’observation de l’Elbe et gouverneur général
des villes Hanséatiques</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 2 décembre
1811</h2><p>Mon cousin, je
réponds à l’une de vos lettres du 26 novembre. Si le grand-duché
de Varsovie, qui a plus de quatre millions d’habitants, ne peut pas
nourrir ses troupes, malgré tous les avantages que je lui fais en
favorisant son emprunt, qui lui a déjà rendu plusieurs millions, en
nourrissant, soldant et habillant la division qu’il a en Espagne,
qui est le quart de son infanterie, je ne puis pas comprendre comment
ce pays peut prétendre à devenir une nation.</p><p>Je réponds à l’une
de vos dernières lettres, du 28 novembre. Les Allemands se plaignent
que tous ces bruits d’insurrection de l’Allemagne sont fomentés
par les Français, qui, à force de s’en entretenir et de
s’échauffer sur cet objet, finiront par y faire croire. Ils se
plaignent que vous avez dit à Rostock que vous sauriez bien empêcher
l’Allemagne de devenir une Espagne ; que, tant que vous y
commanderiez, on n’oserait rien entreprendre. Ces propos font un
mal réel. Il n’y a rien de commun entre l’Espagne et les
provinces d’Allemagne. L’Espagne serait réduite depuis longtemps
sans ses 60 000 Anglais, sans ses 1 000 lieues de côtes
qui font que nos armées sont partout sur les frontières, et enfin
sans les 100 millions que lui a fournis l’Amérique, car
l’Angleterre n’est pas en état de lui fournir de l’argent.
Mais, comme en Allemagne il n’y a pas d’Amérique, ni la mer, une
immense quantité de places fortes et 60 000 Anglais, il n’y a
rien à craindre, l’Allemand fût-il même aussi oisif, aussi
fainéant, aussi assassin, aussi superstitieux, autant livré aux
moines que l’est le peuple d’Espagne, <i>où il y avait 300 000
moines</i>. Jugez donc de ce qu’il y a à redouter d’un peuple si
sage, si raisonnable, si froid, si tolérant, tellement éloigné de
tout excès qu’il n’y a pas d’exemple qu’un homme ait
été assassiné en Allemagne pendant la guerre. L’Autriche était
bien plus susceptible d’être mise en révolution. Les effets ont
prouvé le peu de fondement des craintes qu’on voulait concevoir.
Il est donc très fâcheux qu’on entretienne les généraux de ces
chimères, et qu’on laisse circuler dans le pays des comparaisons
qui ne peuvent faire que du mal, sans produire aucun bien. S’il y
avait un mouvement en Allemagne, il finirait par être pour nous et
contre les petits princes.</p><p>Quant à la
Westphalie, le peuple de la Hesse, qui est le principal, est bien
loin de regretter l’électeur ; l’armée est attachée au
Roi[^1].
Il sera avantageux que vous portiez de votre côté plus d’aménité
envers le gouvernement westphalien et envers le Roi ; il vaut
mieux concilier qu’aigrir.</p><p>Je ne sais pas
pourquoi Rapp[^2]
se mêle de ce qui ne le regarde pas ; il n’y a que deux faits
dans son pamphlet : 1° que Kotzebue[^3]
a fait un pamphlet ; 2° que les Anglais en ont fait un autre,
qui a pour titre Campagne de Portugal. Il devait vous rendre compte
de ces deux faits et ne pas parler d’autre chose. De quoi va-t-il
parler de ce qui se passe en Hongrie, de l’esprit qui anime la
Confédération et ces pays, lui qui en est si éloigné ! Qu’il se
renferme dans son gouvernement, qu’il se mêle de ce qui le
concerne et qu’il se borne à me rendre compte de Dantzig et des
pays environnants. Je vous prie de ne pas me remettre de pareilles
rapsodies sous les yeux. Mon temps est trop précieux pour que je le
perde à m’occuper de pareilles fadaises. Vous ne prétendez sans
doute pas que je m’instruise de ce qui se passe en Hongrie et en
Autriche par des rapports de Dantzig, surtout transmis par un homme
aussi faible et dont je fais aussi peu de cas, hormis un jour
d’affaire, que Rapp ; tout cela ne sert qu’à me faire
perdre mon temps et à salir mon imagination par des tableaux et des
suppositions absurdes. Vous deviez m’envoyer l’extrait du rapport
de Rapp et me dire en deux mots : Le général Rapp me mande qu’un
pamphlet, ayant pour titre Campagne du Portugal, est répandu par les
Anglais (libelle dont nous avons 1 000 exemplaires), et que
Kotzebue en a fait un autre.</p><p>Ce que vous devriez
recommander au général Rapp, c’est que les généraux ne
s’intéressent pas dans les corsaires, et que ces corsaires
n’abusent point de cela pour ravager des côtes et commettre des
choses injustes qui m’engagent ensuite dans des querelles. Un
officier ne doit point figurer dans de pareilles entreprises, surtout
un général dont les décisions provisoires ont de l’influence sur
la matière.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3>
[^1]: Jérôme Bonaparte.
[^2]: Gouverneur de Dantzig.
[^3]: August von Kotzebue, auteur dramatique allemand.
[^4]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 398 Mi 2 [384 AP 251-252 : fonds Suchet d’Albufera]. [<i>C</i> 18300]</body> |
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