CG11-28991.md

identifiantCG11-28991.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/11/03 00:00
titreNapoléon à Cambacérès, archichancelier de l’Empire
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 28991. - </b><span style="font-variant: normal">À Cambacérès, archichancelier de l’Empire</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Düsseldorf, 3 novembre 1811[^1]</h2><p>Mon cousin, sans rime ni raison, les préfets forment des gardes d’honneur[^2] et donnent des grades et des épaulettes de colonel. La composition de ces gardes est souvent ridicule. Ce sont de pauvres employés, qui n’ont pas 6 000 francs pour tout bien, qui en font partie ; et souvent c’est un employé d’un grade subalterne qu’on décore du grade de colonel. Je désirerais qu’une décision du Conseil d’État réglât la formation et la composition de ces gardes ; qu’elles ne pussent être formées par les préfets que sur l’avis officiel de mon voyage donné par le ministre de l’Intérieur ; qu’elles ne pussent être composées que des membres des collèges des départements et de leurs enfants ou neveux ; que le plus haut grade ne pût être au-dessus de celui de capitaine ; que, si la compagnie est forte de 40 hommes et plus, le commandant n’eût que le grade de capitaine ou de lieutenant ; que, si elle est forte de moins de 30 hommes, le commandant ne fût que lieutenant ou simple officier. Je pencherais même pour supprimer ces gardes d’honneur, si je ne craignais de faire une chose désagréable pour les villes qui voient avec plaisir leurs enfants s’approcher du souverain dans ces circonstances. On pourrait admettre aussi dans ces gardes des membres des conseils municipaux et leurs enfants, mais il faut exclure les employés. Je ne rencontre que des employés des postes et autres administrations qui quittent leur besogne pour aller faire les gardes d’honneur, ce qui est fort ridicule.[^3]</p> [^1]: L’expédition est datée par erreur à Düsseldorf le 3 octobre 1811. La minute atteste de la date du 3 novembre 1811, Napoléon y arrive le 2 novembre 1811 à midi. [^2]: Il s’agit d’escouades généralement formés des habitants aisés qui, à leur frais, se dotent d’un uniforme de fantaisie (voir CG11-29060). [^3]: <span></span> Expédition, communiquée par le Musée des lettres et manuscrits (minute, Archives nationales, AF IV 895, novembre 1811, n° 27). [<i>C</i> 18231]</body>