CG11-28984.md

identifiantCG11-28984.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/11/01 00:00
titreNapoléon à Mollien, ministre du Trésor public
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 28984. - </b><span style="font-variant: normal">À Mollien, ministre du Trésor public</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Wesel, 1<sup>er</sup> novembre 1811</h2><p>Monsieur le comte Mollien, le trésor de la couronne a avancé plusieurs centaines de mille francs que le sieur Pierlot<sup>[^1]</sup> devait à l'impératrice Joséphine et à la reine Hortense. Je désire que me fassiez connaître quand le trésor de la couronne pourra être remboursé sur la liquidation du sieur Pierlot.</p><p>Il est convenable que vous envoyiez chercher secrètement l'intendant de l'impératrice Joséphine, et que vous lui fassiez connaître confidentiellement qu'il ne lui sera rien payé à l'avenir si la preuve n'est donnée qu'il n'y a point de dettes ; et comme je n'entends pas raillerie là-dessus, il faut que les biens personnels de l'intendant me servent de garantie. Vous lui notifierez donc qu'à dater du 1er janvier aucun paiement ne se fera ni chez vous, ni au trésor de la couronne, s'il ne s'engage sur ses biens et certifie par écrit qu'il n'y a point de dettes. </p><p>Je suis informé que les dépenses de cette maison sont fort désordonnées. Voyez donc cet intendant, et mettez-vous au fait de ce qui s'y passe sous le rapport de l'argent, car il serait déplorable qu'au lieu d'une économie de deux millions que l'impératrice devrait faire, elle ait des dettes à payer. Il vous sera facile de tirer le mot de tout cela de l'intendant, et de lui faire comprendre que si cela était, il serait fortement compromis. </p><p>Ayez vous-même une occasion de voir l'impératrice Joséphine et insinuez-lui que j'ai lieu de compter que sa maison est administrée avec économie, et que ce serait me déplaire souverainement s'il était rien dû. L'impératrice Louise[^2] a cent mille écus ; elle ne dépasse jamais cette somme. Elle solde sa dépense tous les huit jours ; elle se prive de robes si cela est nécessaire, et s'impose des privations pour n'avoir point de dettes. </p><p>Parlez donc de ce principe qu'à compter de janvier, il ne doit rien être payé pour la maison de l'impératrice Joséphine, à moins qu'il n'y ait un certificat de l'intendant constatant qu'il n'y a point de dettes. </p><p>Prenez connaissance du budget de cette maison pour 1811, et de celui proposé pour 1812. Ce budget ne devrait pas aller à plus d'un million. S'il y a trop de chevaux, il faut en réformer. L'impératrice Joséphine, qui a des enfants et des petits-enfants, devrait économiser pour leur être utile dans l'occasion au lieu de faire des dettes. </p><p>Je désire également que vous ne payiez plus aucun arriéré à la reine Hortense, soit pour l'apanage, soit pour la coupe des bois, que vous ne m'en ayez fait la demande. Causez également avec son intendant pour qu'il y ait de l'ordre et que, non seulement il n'y ait point de dettes, mais que les dépenses soient bien ordonnées.<sup> </sup>[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/> </p> [^1]: L’homme d’affaires Louis Pierlot, régent de la Banque de France (17 octobre 1806) et intendant de l’impératrice Joséphine et de la reine Hortense, vient de faire faillite. [^2]: Marie-Louise. [^3]: <span></span> Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1 (minute, Archives nationales, AF IV 895, novembre 1811, n° 22). [<i>LEC</i> 891] Cette lettre a été offerte par le comtesse Mollien à Napoléon III en 1855 comme l’atteste une note de Guizot présente sur la copie d’expédition.</body>