CG11-28906.md

identifiantCG11-28906.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/10/23 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 28906. - </b><span style="font-variant: normal">Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Amsterdam, 23 octobre 1811</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous envoie une lettre du vice-roi. Faites solder au trésor d’Italie tout ce qui lui est dû. Cela est d’autant plus facile que, comme je vous l’ai dit, j’ai beaucoup d’argent en Italie. Remettez-moi sous les yeux ce qui est relatif au budget de 1812.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites-moi connaître votre opinion sur la dernière question contenue dans la lettre du vice-roi[^1]. J’ai trois vaisseaux à Venise. Ce serait une chose extrêmement avantageuse que de les avoir à Ancône ou à Pola. Il y a plus de facilité après le mois de décembre pour les envoyer dans un de ces deux ports. En janvier le temps est ordinairement bon ; les nuits sont longues ; l’ennemi est éloigné et ne commence à faire ses dispositions qu’après l’équinoxe de mars. S’il résulte des signaux de la tour de Saint-Marc et des rapports des croisières qu’il n’y a pas de vaisseaux de ligne ennemis dans le nord de l’Adriatique, il n’y a pas d’inconvénient à avoir à Malamocco <i>La Princesse de Bologne</i>, des bricks et des canonnières, et à faire sortir en même temps le <i>Rivoli</i>. Le <i>Rivoli</i>, ayant une fois franchi la passe, ferait route immédiatement pour Ancône ou pour Pola. Après cela, les chameaux rentreraient et prendraient <i>Le</i> <i>Regeneratore</i>, lequel se dirigerait incontinent sur un des deux ports. On ferait ensuite la même opération pour <i>Le</i> <i>Mont Saint-Bernard</i>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il me semble qu’il n’y a rien à objecter contre cette manœuvre, puisque enfin un vaisseau, une frégate et deux bricks ne peuvent pas craindre deux ou trois frégates. En faisant sortir les vaisseaux de grand matin, on peut espérer qu’à midi ils seront sous voiles et pourront partir pour un des ports. Trois vaisseaux à Ancône ou à Pola seraient d’un tout autre effet qu’à Malamocco. Trois vaisseaux à Ancône ou à Pola ne seront probablement pas bloqués cet hiver et pourront faire beaucoup de sorties, tandis qu’il est à craindre que l’année prochaine, au mois d’avril, ils ne soient bloqués par deux vaisseaux anglais ; ce qui rendrait l’opération beaucoup plus difficile.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous prie de me faire un rapport là-dessus et de me faire un projet de lettre que j’écrirai au capitaine Barré pour lui faire connaître ma volonté. Dans une mer où j’ai un port fortifié, à toutes les aires de vent, cette opération, faite convenablement, ne me paraît pas avoir de danger, d’autant plus que dans une petite mer entourée de côtes on sait tous les jours ce qui se passe.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites-moi connaître si vous avez donné ordre à la frégate <i>La Flore</i> d’entrer à Venise pour se réparer. Si cela est, cette frégate pourrait accompagner les vaisseaux.[^2]</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p> [^1]: Eugène de Beauharnais. [^2]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 894, octobre 1811, n° 159. [<i>C</i> 18196]</body>