CG11-28903.md

identifiantCG11-28903.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/10/23 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 28903. - </b><span style="font-variant: normal">Au général Clarke, ministre de la Guerre</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Amsterdam, 23 octobre 1811</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Feltre, je vous envoie sur la défense de la Hollande une note que vous remettrez au comité des fortifications et qui lui servira de direction.[^1]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p style="margin-bottom: 0cm"><span style="font-variant: small-caps">Annexe</span></p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm">Note sur la défense de la Hollande</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p class="sdfootnote-western"><font size="3" style="font-size: 12pt">Chapitre 1</font><sup><font size="3" style="font-size: 12pt">er</font></sup><font size="3" style="font-size: 12pt"> du Helder. </font> </p><p class="sdfootnote-western"><font size="3" style="font-size: 12pt">1° Du Helder dépend le Zuiderzee ; tant qu’on est maître du Helder, on l’est du Zuiderzee, parce que l’ennemi ne peut y faire entrer aucune escadre ; et tant qu’on est maître du Zuiderzee, on l’est de toute la ligne depuis le Helder jusqu’à Naarden. Le Helder doit être fortifié de manière que 3 à 4 000 hommes puissent s’y défendre quatre ou cinq mois.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">2° La dune ou la position du fort Morland est la clef du Helder. Il faut construire sur cette dune un beau fort en maçonnerie capable de la plus grande défense. Cet ouvrage mérite qu’un million ou deux y soient employés. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">3° De la batterie de la Révolution dépend la rade intérieure. Ainsi, maître du fort Morland, l’ennemi n’aurait encore rien ; il faudrait qu’il s’emparât du fort Lasalle pour être maître de la batterie de la Révolution. Les batteries du Réparateur et du […] peuvent se défendre après la batterie de la Révolution, et, cette dernière détruite, fermer encore la rade. Enfin un fort doit être établi à l’embouchure du Nieuwe-Diep, lequel sera le réduit de toutes les positions du Helder et protègera une forte batterie, qui défendra également la rade. Avant que l’ennemi puisse faire entrer ses vaisseaux dans la rade et inquiéter l’escadre française, il faudra qu’il fasse trois sièges indépendants, ce qui ne peut pas employer moins de quatre mois, et ces trois forts n’ont pas besoin, à la rigueur, de plus de 3 000 hommes pour leur défense.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">4° Mais non seulement il faut empêcher l’escadre ennemie d’entrer dans le Zuiderzee, et protéger l’escadre française, mais il faut encore défendre le Nieuwe-Diep, canal de 1 400 toises, où pendant l’hiver mouille l’escadre et qui peut contenir quarante vaisseaux de guerre. C’est là où seront l’arsenal, les chantiers et tous les magasins de la marine. Pour couvrir ce port, il faut faire un fort à l’écluse, qui croise ses feux avec le fort Lasalle et qui soit protégé par le fort Morland. Il faut armer le fort actuel du Nieuwe-Werk, qu’il faut considérer comme une forte redoute dans l’eau. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Avec ces quatre forts, l’ennemi ne pourra ni entrer dans le Zuiderzee ni inquiéter l’escadre française. Il ne pourrait détruire l’arsenal de la marine et bombarder les vaisseaux du port qu’après avoir pris le fort qui sera sur l’écluse ; il ne pourrait prendre ce fort qu’après avoir pris le fort Lasalle : telle est la configuration du terrain ; et il ne pourra prendre le fort Lasalle qu’après avoir pris le fort Morland. Ce qui prouve ce qui a été dit plus haut, qui le fort Morland est la clef du Helder. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut faire faire le projet de ces quatre forts. Un million sera dépensé l’année prochaine au fort Morland, un million au fort de l’Écluse ; 500 000 francs pour finir le fort Lasalle et 500 000 francs pour les autres dépenses. Les travaux seront dirigés de manière qu’en octobre 1812 les forts Morland, Lasalle et de l’Écluse soient mis en état de défense et de soutenir un siège en règle.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">5° Le premier objet des fortifications du Helder est sans doute de défendre le Zuiderzee et l’escadre, le deuxième de défendre le port et les établissements de la marine ; mais il y en a un troisième. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Entre les forts Morland et Lasalle se trouve un banc qui sépare la rade extérieure de la rade intérieure. Il n’y a là que 22 pieds d’eau et seulement sur la largeur d’une centaine de toises, de sorte qu’il n’y a qu’un petit nombre de vents pour sortir ; il est donc nécessaire d’être maître de la rade extérieure.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">À 16 ou 1 800 toises du fort Morland, il faut, à la laisse de basse mer, construire un fort en l’environnant de plusieurs batteries. Il faut qu’il puisse du côté de terre défendre autant que possible les batteries construites sur les dunes. Ce fort se trouvera éloigné de 1 600 toises du banc qui ferme la rade, et à 1 200 toises du lieu où doivent passer les vaisseaux ennemis pour attaquer notre escadre, qui mouillerait dans la rade extérieure. Les ingénieurs de la marine sont chargés de construire, à 150 toises en avant dans la mer, un nouveau fort contenant une trentaine de bouches à feu. Le fort que construira la terre pour protéger celui-ci du côté de terre, en sera comme une suite. Il est nécessaire que ce fort soit fini l’année prochaine ; il faut en dresser le projet tel que ce fort puisse soutenir quinze ou vingt jours de tranchée ouverte. La garnison sera à 1 200 toises du fort Morland, pourra être coupée par l’ennemi, mais elle pourra toujours se retirer par mer. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Ce fort doit contenir huit mortiers à plaque à 2 000 toises, douze à la Gomer, à grande portée ; total, vingt mortiers, et vingt pièces de 36 ; total, quarante bouches à feu. Il doit avoir en outre, du côté de terre, tout ce qui sera nécessaire pour sa défense.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Par ce grand et bel établissement, la rade extérieure du Texel pourra contenir en sûreté quinze ou vingt vaisseaux de guerre. Cette escadre sera là comme en pleine mer et pourra appareiller par tous les vents. Une escadre de Flessingue sortant de l’Escaut peut s’y réfugier à chaque instant, pour qu’il n’y ait aucun obstacle pour son entrée. Il est donc urgent d’établir les batteries.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">6° Dès ce moment-ci le fort Lasalle remplit son but, et un millier d’hommes y défendraient une escadre pendant plus de six semaines. Si ce fort avait existé il y a quinze ans, deux escadres hollandaises n’auraient pas été perdues. Le décret de ce jour ordonne le prompt armement des batteries des forts Lasalle, Morland et du nouveau fort, que l’on doit construire l’année prochaine. Ce nouveau fort s’appellera le fort cap du Falga. Ces batteries ne sont pas fermées à la gorge, mais il est urgent qu’elles existent, afin de protéger notre escadre si elle sortait ou si une autre arrivait.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ordonne également l’armement avant le 1</font><sup><font size="3" style="font-size: 12pt">er</font></sup><font size="3" style="font-size: 12pt"> décembre de la batterie du Nieuwe-Werk, qu’on appellera la redoute Dugommier</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">7° À 5 lieues en arrière, du côté de Zand, il sera fait un projet pour y construire un fort pentagonal ou hexagonal, à grandes dimensions, par lequel on se conservera maîtres des digues qui vont à Petten, à Medemblik et à Alkmaar, et protéger les ouvrages avancés destinés à protéger un débarquement. C’est dans ce fort qu’à la première nouvelle d’une descente la tête des troupes de la Hollande viendrait se rallier pour observer l’ennemi et le mettre entre deux feux. Si l’ennemi était assez fort pour investir aussi ce fort, les troupes qui arriveraient à Alkmaar auraient de grands avantages pour en faire lever le siège.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Ainsi les cinq ou six ouvrages qui me coûteraient 5 à 6 millions, qui peuvent être mis en état de défense dans la première campagne, et qui seraient perfectionnés dans la seconde et dans la troisième, assureront la rade, le port et les arsenaux du Helder, le Zuiderzee et toute la Hollande.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><br/> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt"><u>Chapitre 2. Prolongation de la ligne du Rhin</u></font><font size="3" style="font-size: 12pt">. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">La ligne du Rhin est la ligne de l’Empire. La tête de pont de Huningue, les têtes de pont de Kehl et Kastel, Wesel et les nombreuses places que nous avons sur cette ligne, la rendent formidable ; de Wesel par Coeverden et Groningue notre ligne s’appuie sur Delfzyl ; mais cette ligne étendue est faible. Il faudrait considérer l’Yssel comme seconde ligne. Cette ligne étant classée, encore faible peut être encore appuyée sur troisième dont la gauche sur Naarden et la droite à Gorcum, et qui se joint par Nimègue et Grave à Wesel. Cette ligne couvre Amsterdam, le Texel, et dès lors toutes nos escadres, la Haye, Leyde, Rotterdam, les bouches de la Meuse, Hellevœtsluis, c’est-à-dire toute la Hollande. Tout ce qui est à droite de la ligne est de peu d’importance, et, quand ce pays serait deux ans au pouvoir de l’ennemi, on le retrouverait encore comme il était avant le moment de la conquête. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">La ligne de Naarden à Gorcum doit donc être considérée comme la vraie ligne de l’Empire. Il faut la bien reconnaître, la bien tracer, faire préparer les inondations et s’occuper des modèles de tours pouvant contenir 50 hommes et que l’on placerait le long des digues. Une cinquantaine de ces tours, formant corps de garde et servant de réduit à des batteries, assureront parfaitement cette ligne. Le décret que j’ai pris aujourd’hui règle l’armement de Naarden. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Un projet sur Gorcum a été demandé ; il faut le considérer comme tête de pont pour entrer de France en Hollande. Quant aux digues d’Amsterdam, il faut en faire lever des plans exacts. Il est d’ailleurs un point à occuper entre Amsterdam et Haarlem, afin d’obliger l’ennemi qui viendrait du Helder à faire le tour de la mer de Haarlem. Le reste des inondations serait utile si les habitants voulaient se défendre ; ce qui retarderait ainsi l’ennemi de quinze jours, et donnerait le temps d’accourir ; Il faut avoir le plan de ces inondations sur une grande échelle, et que les points importants y soient bien marqués et bien dessinés.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><br/> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt"><u>Chapitre 3. Le Texel. </u></font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut donner ordre que le projet soit fait pour que le port du Texel soit environné d’une enceinte bastionnée, qu’une batterie de quatre pièces de fort calibre soit placée sur la pointe à droite du port, que les deux petits forts à droite et à gauche soient armées, que les deux fronts du fort actuel qui regardent la hauteur soient relevés, aient des parapets de 12 à 15 pieds au moins et des pièces sur affûts de place. </font> </p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut donner des noms à ces quatre forts.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Moyennant ces quatre forts, qui embrassent 2 000 toises, il devra être facile de débarquer le monde qu’on voudra pour reprendre l’île, et avec de telles précautions jamais le Texel ne sera attaqué.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Les îles de Vlieland et Terschelling doivent être occupées par des tours, et dépendre de la 17</font><sup><font size="3" style="font-size: 12pt">e</font></sup><font size="3" style="font-size: 12pt"> division militaire ; elles seront sous le commandant du fort du Texel, comme le décret de ce jour le porte.</font></p><p class="sdfootnote-western" style="text-indent: 1.25cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm"><u>Chapitre 4. L’embouchure de la Meuse. </u> </p><p style="margin-bottom: 0cm">Après le Texel, l’embouchure de la Meuse est le point le plus important.<u> </u> </p><p style="margin-bottom: 0cm">Hellevœtsluis et Brielle sont de bonnes places qu’il faut tenir en état.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Gorée est d’un grand intérêt. Il faut perfectionner les ouvrages d’Ooltgensplaat.<u> </u>Couverte par l’île de Gorée et le Helder, la Hollande est inattaquable. »<sup> </sup>[^2]</p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="margin-bottom: 0cm"><br/> </p><p style="text-indent: 0cm; margin-bottom: 0cm; "> <br/> </p> [^1]: Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 325 (minute, Archives nationales, AF IV 894, octobre 1811, n° 142). [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 894, octobre 1811, n° 142.</body>