CG1-1748.md

identifiantCG1-1748.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/07/03 00:00
titreNapoléon à Battaglia, provéditeur général de la République de Venise
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1748. - </b>À Battaglia, provéditeur général de la République de Venise</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mombello, 15 messidor an V [3 juillet 1797]</h2><p><br/> </p><p>J’ai reçu avec le plus grand plaisir, monsieur, la dernière lettre que vous vous êtes donné la peine de m’écrire de Venise. Lorsque j’ai vu votre nom à une infâme proclamation[^1] qui a paru dans le temps, j’ai reconnu que ce ne pouvait être que l’œuvre de vos ennemis et des méchants. La loyauté de votre caractère, la pureté de vos intentions, la véritable philosophie que j’ai reconnue en vous pendant tout le temps que vous avez été chargé du pouvoir suprême sur une partie de vos compatriotes, vous ont captivé mon estime ; si elle peut vous dédommager des maux de toute espèce que vous avez endurés pendant ce dernier temps, je me trouverai heureux.</p><p>Comptez, monsieur, que, dans toutes les circonstances, je saisirai l’occasion de pouvoir faire quelque chose qui vous soit agréable. Pourquoi, au lieu de M. Pesaro, ne me fûtes-vous pas envoyé à Goritz[^2] ? La force des raisons et des choses que vous auriez entendues vous eût mis à même de triompher dès lors de la ridicule oligarchie qui a voulu se naufrager jusqu’au port.</p><p>Oui, monsieur, je me plais à le dire, quatre ou cinq cents Français, qui ont été assassinés à Vérone, vivraient encore, et l’oligarchie de Venise, désormais trop en dissonance avec les lumières et le nouveau système de toute l’Europe, aurait dû céder à un gouvernement plus sage ; elle aurait au moins fini sans se rendre coupable d’un crime dont les historiens français ne pourront trouver le semblable sans être obligés de remonter à plusieurs siècles.</p><p>Je vous ai connu dans un temps où je prévoyais peu ce qui devait arriver, et je vous ai vu dès lors ennemi de la tyrannie et désirant la véritable liberté de votre patrie.[^3]</p><p><br/> </p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p> [^1]: <span></span>Le 5 avril 1797, une proclamation signée de Battaglia était parue dans une gazette de Milan, le<i>Thermomètre politique</i>. C’était une véritable déclaration de guerre à la France. Il s’agissait d’une supercherie montée de toutes pièces par un certain Carlo Salvadori (ou Salvador) qui agissait pour le compte de révolutionnaires milanais désireux de parfaire la brouille entre Venise et Bonaparte. [^2]: Pesaro, négociateur envoyé par la Sérénissime auprès de Bonaparte, est réputé austrophile. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1985, d’après la Collection Napoléon.</body>