CG11-28703.md

identifiantCG11-28703.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/09/18 00:00
titreNapoléon à Montalivet, ministre de l’Intérieur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 28703. - </b><span style="font-variant: normal">À Montalivet, ministre de l’Intérieur</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Compiègne, 18 septembre 1811</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le comte Montalivet, je vous renvoie votre rapport et les différentes pièces qui y sont jointes sur les centimes affectés aux dépenses variables et fixes des départements. Je n’approuve aucun des projets que vous me présentez. Quand le cadastre sera terminé, je m’occuperai de la contribution foncière, je changerai les centimes fixes, variables, etc. D’ici à ce temps il n’y a rien à faire. Je n’approuve pas que les frais d’abonnement des préfets et sous-préfets, qui se montent à 7 millions, les dépenses des enfants trouvés, qui se montent à 4 millions, celles des prisons, qui se montent à 8 millions, soient ôtés des dépenses variables. Je n’approuve pas non plus votre dernier système, qui est de prendre sur les villes 1 700 000 francs et un demi-centime sur les 4 centimes réservés pour les 1 200 000 francs du déficit qui reste à couvrir. Je désire que vous me présentiez un projet de décret pour régler les centimes des dépenses fixes et variables pour 1811, comme ils l’ont été pour 1810. Il y aura un déficit ; ce déficit sera ajouté à celui de 1810, et l’on prendra une mesure commune pour suppléer au déficit de 5 à 6 millions qui existera. Je désire que vous me présentiez ce décret dans la semaine.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Ayant réglé le système de l’année 1811, je désire que vous me remettiez un travail ayant pour objet de régler d’une manière plus solennelle l’année 1812.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Voici les bases du travail pour l’année 1812. Je désire que ce travail me soit présenté en septembre, afin qu’il puisse être envoyé avant la première quinzaine d’octobre.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les dépenses fixes et variables se montent à 48 ou 49 millions ; je pense que cette évaluation n’est pas portée assez haut. Les tribunaux sont mal partout ; les prisons sont insuffisantes ; les enfants trouvés manquent même d’établissements dans plusieurs endroits. Porter à 51 millions les dépenses fixes et variables ne serait pas trop. Une diminution peut être faite sur des dépenses de préfectures : quelques petites préfectures ont un abonnement trop fort pour leurs frais de loyer, d’entretien et autres menues dépenses. Il faudrait faire revoir cela avec soin, pour comparer ces préfectures aux autres et mettre de l’uniformité où il n’y en a point. Faites quatre ou cinq rangs de préfectures, si vous le jugez à propos ; je ne m’y oppose point. La quotité des dépenses de loyer, d’entretien, etc., classera les préfectures dans ces cinq ordres ; même chose pour les sous-préfectures. On trouvera ainsi moyen d’économiser au moins 1 million.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il y aura toujours un déficit de 3, 4 ou 5 millions. Il faut y pourvoir en formant dans chaque département un fonds commun départemental, qui se composera du produit de la retenue pour la garde départementale et de 6 ou 8 centimes sur les octrois et revenus des villes ; cela formera un fonds de 4 à 6 000 000. Vous verrez à combien se montera le produit par département, et il y aura alors moyen de renforcer la caisse des dépenses départementales.</p><p style="margin-bottom: 0cm">En me faisant connaître ce que les 17 centimes rendent dans chaque département, vous y ajouterez ce que produit la retenue pour les compagnies de réserve et ce que produirait les 6 ou 8 centimes de retenue sur tous les revenus des communes. Il sera encore facile de se procurer 1 ou 2 millions, en mettant à la charge des grandes villes les dépenses des cours impériales, tant pour le logement que pour les menus frais et dépenses de toute nature. Les cours impériales sont toutes dans de grandes villes qui ont de gros revenus et qui tirent avantage du séjour de ces cours souveraines. Vous pouvez, dans plusieurs grandes communes, mettre les enfants trouvés des villes à la charge de ces villes ; ce sera un moyen de se procurer des ressources.</p><p style="margin-bottom: 0cm">S’il était des départements qui, malgré la retenue de 6 ou 8 centimes sur les revenus des communes, malgré la mise aux frais des communes de la cour impériale, malgré l’abandon des 17 centimes, sans qu’on leur en attribuât de fixes, ne pussent cependant pourvoir à leurs dépenses variables, cela serait évidemment une exception et ne tomberait pas sur plus de quatre ou cinq départements. Il y serait pourvu en augmentant les centimes fixes des départements qui seraient les plus riches, de sorte que le Trésor serait couvert de ses dépenses. Ce serait un fonds dont la perception serait inaperçue. Refaites votre travail sur ces bases et remettez-le-moi au plus tôt, avec un projet de décret.[^1]</p> [^1]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 894, septembre 1811, n° 227. [<i>C</i> 18142]</body>