CG11-28121.md

identifiantCG11-28121.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/08/12 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 28121. - </b><span style="font-variant: normal">Au général Clarke, ministre de la Guerre</span></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Rambouillet, 12 août 1811</h2><p>Monsieur le duc de Feltre, je vous renvoie le dernier plan de Dantzig avec des notes que j’ai dictées sur cette place.[^1]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3><p><span style="font-variant: small-caps">Annexe</span></p><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps; line-height: 100%"> <br/> </p><p><span style="font-variant: small-caps">Notes sur Dantzig.</span></p><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps; line-height: 100%"> <br/> </p><p>1°- la corne du Holm se trouve composée de cinq ouvrages. Ne serait-il pas préférable que les ouvrages A et B fussent réunis par des courtines ? Ce serait alors une espèce de couronne à laquelle s’appuieraient les lunettes C et D. II semble que cela aurait plus d’avantages que d’inconvénients, puisque la garnison et l’artillerie de ces trois ouvrages deviendraient communes. L’ouvrage A B près la tête de pont du Holm peut toujours se défendre. Dès lors, ne serait-il pas convenable de prolonger la face de la lunette E, de sorte qu’elle dépendît entièrement, de la tête de pont du Holm ? Au contraire, la tête de pont du Holm prise, l’ouvrage à corne tomberait, à moins qu’on ne prolongeât le flanc de la lunette B. La redoute D me paraît très nécessaire, une caponnière doit joindre les lunettes A à la lunette D, et celle-ci au fort Napoléon. Cette communication, couverte d’un côté par la rivière et de l’autre par toutes les flaques du Holm, sera beaucoup plus sûre que l’autre. On aura de plus l’avantage de faire un chemin couvert contre la rive gauche et l’on pourra arriver au fort Napoléon sur deux colonnes et par deux routes. On aura soin de discuter cela aux conseils de décembre. Le principal, c’est de former, des ouvrages A et B, un seul ouvrage. Entre le point C et le fort H (le fort Napoléon) une petite place d’armes, où l’on puisse établir des batteries qui flanquent le fort H et aient des feux pour protéger la redoute Saint-Hilaire, me paraît utile. En plaçant cet ouvrage à 200 toises du fort Saint-Hilaire et à 100 toises du fort Napoléon, on pourrait le faire en forme de flèche dépendant entièrement du fort Napoléon. II serait nécessaire d’établir une batterie sur la rive gauche pour flanquer la tête de pont. Ainsi donc on voudrait 1° que les ouvrages A et B de Holm fussent réunis en un seul ouvrage ; que la face en fût prolongée de manière à être indépendante de la tête de pont du Holm ; et que la tête de pont prise, cette couronne puisse se défendre encore, en observant que sa défense serait protégée par toute la rive gauche et que le cheminement de 100 toises de la tête de pont à la couronne du Holm, fait sous le canon de toute la rive gauche, pourrait encore avoir quelques difficultés ; </p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> 2° - que la redoute E fût carrée et fermée de tous côtés, de sorte que si la tête de pont du Holm est prise la première, cette redoute puisse se lier à la corne du Holm, concourir à sa défense et retarder d’autant le cheminement sur cette corne ; que si, au contraire, la corne du Holm est prise la première, cette redoute se lie alors à la tête de pont et défende autant le cheminement sur la tête de pont que sur la corne du Holm. </p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> 3° - Enfin, le but serait d’attacher la corne du Holm A et B directement à la place, de même que la tête de pont s’y trouve attachée.<span style="font-variant: small-caps"> </span>Par ce moyen, la prise de la tête de pont ou de la couronne du Holm ne couperait pas la communication avec le fort Napoléon.<span style="font-variant: small-caps"> </span>Du fort Napoléon à la redoute d’Hautpoul, il y aurait également une double communication, l’une le long de la rivière, et l’autre comme le tracé l’indique. II me paraîtrait également nécessaire qu’à 200 toises du fort d’Hautpoul, on fît dans la caponnière une flèche qui donnât des feux pour la défense du fort Napoléon et pour celle de la redoute d’Hautpoul.<span style="font-variant: small-caps"> </span>De même, à 200 toises du fort d’Hautpoul, du côté du fort Weichselmünde, un semblable ouvrage paraît nécessaire.<span style="font-variant: small-caps"> </span>Il faut faire des projets pour établir une flaque d’eau à 100 toises du canal et pour prolonger cette flaque d’eau depuis le fort Napoléon jusqu’aux pieds des dunes ; c’est le seul moyen de donner quelques forces à la redoute d’Hautpoul et à cette communication. On suppose qu’on coupera les arbres et qu’on disposera les terres à 300 toises, depuis le fort Napoléon et la redoute d’Hautpoul jusqu’au fort Weichselmünde. Le fort Lacoste devrait être fermé de tous côtés, car, à 1 200 toises de la place, l’ennemi peut de la rive droite, prendre par derrière le tracé actuel. Quant aux forts du Hagelsberg et du Bischofsberg, il faut laisser suivre le système établi cette année, demander un mémoire et des profils plus importants pour les conseils de décembre.</p><p style="text-indent: 0cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">Serait-il hors de propos de se porter sur le front à 200 toises en avant et d’y établir deux ouvrages en maçonnerie, qu’on fût obligé de prendre avant d’attaquer l’un ou l’autre de ces ouvrages ? Cela aurait l’avantage d’une défense successive, et ce genre de défense est bon dans le cas dont il s’agit. Une garnison de 15 à 20 000 hommes, dans une place de 3 à 4 lieues de tour qui en réalité ne peut être sérieusement attaquée que par un point, ne peut bien défendre ce point que par des défenses successives, de sorte qu’indépendamment des ouvrages actuels bien perfectionnés, je voudrais qu’on établît sur les meilleures positions en avant de fortes et belles couronnes, faites successivement et bien revêtues, offrant toutes les ressources de la fortification permanente. Je dis successivement, parce qu’il faudrait quatre ou cinq ans pour bien achever ces ouvrages ; mais l’année prochaine, en ne faisant qu’un bastion en avant du Hagelsberg et du Bischofsberg, il est évident qu’on ajoutera déjà un degré de force à ces deux points ; les projets seront donc conçus de manière à donner ainsi, d’année en année, de nouveaux degrés de force à ces hauteurs, sur lesquelles se trouve la véritable défense de la place. Les forts Weichselmtünde, d’Hautpoul et Napoléon sont sans doute susceptibles d’une bonne défense ; mais si l’ennemi veut les prendre, il en viendra à bout tôt ou tard, mais la place n’en reste pas moins intacte. C’est sur les hauteurs qu’il faudra toujours arriver. Ainsi, dans un contour de plusieurs lieues, il ne s’agit que de défendre deux hauteurs, chacune de 200 toises. Il faut donc, sur ces hauteurs, un système de fortification permanente qui prolonge de beaucoup la défense. Il serait aussi très convenable de revêtir le Bischofsherg et le Hagelsberg. Ce revêtissement, pouvant se faire successivement, n’est sujet à aucun inconvénient. On peut toujours se tenir en mesure d’être en défense en quinze jours de temps. </p><p>Pour bien comprendre la défense de Dantzig, il est nécessaire d’avoir un plan qui s’étende à 1 200 toises et où se trouvent les côtes.[^2]</p> [^1]: <span></span> Expédition d’après photographie [catalogue de vente], étude Gros &amp; Delettrez, <i>Autographes et manuscrits, </i>Drouot, 25 mars 2009, p. 13, n° 38 (minute, Archives nationales, AF IV 893, août 1811, n° 210). [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 893, août 1811, n° 210.</body>