CG11-27833.md

identifiantCG11-27833.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/07/27 00:00
titreNapoléon au capitaine Gourgaud, officier d’ordonnance de l’Empereur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 27833. - </b><span style="font-variant: normal">Au capitaine Gourgaud, officier d’ordonnance de l’Empereur </span> </h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 27 juillet 1811</h2><p>Partez pour Rouen ; vous y resterez deux jours. Vous y verrez les travaux du pont et les autres travaux ; vous me ferez connaître la situation dans laquelle ils se trouvent. Vous irez à la halle et vous y verrez l’état des manufactures, si les travaux reprennent, etc. Vous observerez ce qui se dit et ce qui se fait. Vous aurez soin de vous promener partout en bourgeois, sans qu’on vous connaisse. Vous pouvez pourtant vous présenter en uniforme chez le préfet[^1].</p><p>De là vous vous rendrez au Havre. En passant, vous prendrez connaissance des manufactures de Bolbec. Vous resterez 3 jours au Havre. Vous verrez l’état des fortifications, des magasins, etc. , vous étudierez ce qui arriverait si d’un moment à l’autre la place était fermée ; vous verrez les travaux du port, ceux de l’écluse de chasse, si l’écluse joue, ce qu’elle a produit, quel changement elle a opéré dans le port. Vous irez à l’arsenal ; vous verrez qu’il y a dans le port deux grandes flûtes de 200 tonneaux ; vous me ferez connaître si elles ont leur armement, leurs équipages et quand elles pourront partir. Vous y verrez également deux prames ; il doit y avoir aussi des corvettes, plusieurs péniches et des caïques ; vous me ferez connaître dans quelle situation sont ces bâtiments et de quelle utilité ils peuvent être. Il doit y avoir, en outre, plusieurs bâtiments de 600 tonneaux appartenant au commerce ; faites-m’en connaître le nombre et ce qu’ils coûteraient à racheter. Vous vous informerez si l’on trouverait à achever, par entreprise, la frégate qui se trouve sur le chantier.</p><p>De là vous vous rendrez à Boulogne, en passant par Fécamp, par Saint Valery en Caux, par Dieppe et Saint-Valery-sur-Somme, Abbeville et Montreuil. Vous verrez dans chaque ville les travaux qu’on fait au port ; le nombre qu’il y a de pêcheurs, s’ils pêchent la nuit, quelle espèce d’entraves on leur oppose. Vous verrez si dans chacun de ces ports il y a des bâtiments de plus de 600 tonneaux, dans quel état ils sont, etc. Vous me rendrez compte de l’état des batteries de côte, etc., de l’instruction des canonniers, particulièrement pour ce qui regarde Abbeville et Montreuil.</p><p>Arrivé à Boulogne, vous y resterez jusqu’à nouvel ordre et vous m’écrirez tous les jours pour me faire connaître les mouvements des troupes qui arrivent, la situation des camps, dans quel état se trouvent les anciennes baraques, la situation des effets de campement et des magasins, combien de troupes on peut loger et y établir, la situation du port, les ouvriers qui y arrivent, la situation de la ligne d’embossage, l’armement de batteries de côte, l’esprit des marins de la flottille, enfin celui du pays. Vous aurez soin de prendre, sur toute la côte que vous parcourrez, la note des corsaires qu’on y tient en armement et le nombre des matelots qu’on pourrait tirer encore de tous ces ports pour armer la flottille en cas d’événement.</p><p>Rendez-moi compte tous les jours de tous les mouvements du port, de tous ceux de l’arsenal et de tout ce qui peut m’intéresser.[^2]</p> [^1]: Savoye-Rollin. [^2]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 892, juillet 1811, n° 328. [<i>C</i> 17959]</body>