| identifiant | CG1-1582.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/05/26 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Gentili |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1582. - </b>Au général Gentili</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mombello, 7 prairial an V [26 mai 1797]</h2><p><br/>
</p><p>L’état-major a dû vous donner, citoyen général, des ordres
pour vous rendre à Venise.</p><p>Le général Baraguey d’Hilliers mettra à votre disposition
deux bataillons de la 79<sup>e</sup> demi-brigade, 50 canonniers,
quatre pièces de campagne, un officier du génie et 150 000
cartouches.</p><p>Vous trouverez à Venise cinq frégates commandées par le citoyen
Bourdé, et vous vous embarquerez avec vos troupes sur ces frégates
et sur quelques autres bâtiments de transport, s’il est
nécessaire, et vous partirez le plus promptement et le plus
secrètement possible, pour vous rendre à Corfou et vous emparer de
tous les établissements vénitiens au Levant.</p><p>Vous aurez soin de n’agir que comme auxiliaire de la République
de Venise, et de concert avec les commissaires que le nouveau
Gouvernement aurait envoyés ; enfin, de faire l’impossible
pour nous captiver les peuples, ayant besoin de vous maintenir le
maître, afin que, quel que soit le parti que vous preniez pour ces
îles, nous soyons dans le cas de l’exécuter.</p><p>Mon intention est également que l’on fasse partir de Venise,
avec vous, deux ou trois frégates vénitiennes ou corvettes, avec
600 soldats italiens, vénitiens ; par ce moyen, votre petite
escadre sera renforcée, et vous vous trouverez commander plus de 2
000 hommes.</p><p>À Corfou ou en mer, vous vous emparerez, si cela est possible, de
tous les vaisseaux de guerre vénitiens qui seraient encore
incertains du parti qu’ils veulent prendre.</p><p>Vous écrirez, dès l’instant que vous serez arrivé à Corfou,
à notre ambassadeur à Constantinople, Aubert-Dubayet ; vous
lui ferez part de la situation des affaires en Italie avec Venise,
et, si vous vous trouviez avoir besoin de secours, n’importe de
quelle espèce, vous vous adresseriez à lui. Si les habitants du
pays étaient portés à l’indépendance vous flatteriez leur goût,
et vous ne manqueriez pas, dans les différentes proclamations que
vous ferez, de parler de la Grèce, d’Athènes et de Sparte.</p><p>Vous m’instruirez de tout ce que vous ferez et de la situation
des choses. Je tiens, à Ancône, 1 000 hommes prêts à partir
dès l’instant que vous le croirez nécessaire et que les
circonstances exigeront que vous soyez secondé. Vous correspondrez
avec moi, par Ancône, en adressant vos lettres au général
commandant Ancône, et par Venise.</p><p>Dès l’instant que l’escadre ne vous sera pas d’une
indispensable nécessité, vous la renverrez à Venise.</p><p>Le citoyen Darbois, officier distingué, vous accompagnera dans
cette mission. Vous vous ferez accompagner également par cinq ou six
officiers du département de Corse, qui sont accoutumés au manège
des insulaires et à la langue du pays, et que vous pourrez même,
dans l’occasion, mettre à la tête des colonnes mobiles du pays
que vous jugerez à propos d’organiser, ou des troupes vénitiennes,
que je suppose commandées par des officiers pusillanimes et peu
accoutumés à la guerre.</p><p>Le citoyen Arnault[^1],
homme de lettres distingué, suivra l’expédition, avec les rations
et le traitement de chef de brigade ; il observera ces îles,
tiendra avec moi une correspondance suivie de tout ce qu’il verra,
vous aidera dans la confection des manifestes, et vous pourrez même,
s’il est nécessaire, le mettre à la tête de l’administration
du pays.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: <span></span>Antoine Vincent Arnault<b> </b>(1766-1834), écrivain, auteur de
livrets de vaudeville ou d’opéras-comiques et de tragédies, il
est présenté à Bonaparte qui l’autorise à voyager en Italie
pendant la campagne de 1796-1797. Il devient administrateur des îles
Ioniennes.
[^2]: <span></span>.<i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1830, d’après la
Collection Napoléon. L’expédition était présente dans la
collection André de Coppet et en tant que tel publiée par Jacques
Arnna,<i>Pages de l’épopée impériale recueillies par André de
Coppet</i>, Tours, 1952, n° 35, p.80.</body> |
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