CG11-26447.md

identifiantCG11-26447.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1811/04/01 00:00
titreNapoléon à Champagny, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG11</i> - 26447. - </b>À Champagny, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 1<sup>er</sup> avril 1811</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur le duc de Cadore, il est nécessaire que vous fassiez partir un courrier pour Pétersbourg. 1° pour envoyer au duc de Vicence[^1] copie de la note que vous avez remise hier ; 2° pour lui faire part des nouvelles que nous avons reçues de la marche de quatre divisions de Moldavie et de celle des divisions de Finlande et de Sibérie. Vous manderez au duc de Vicence que j’attends, pour connaître les dispositions de l’empereur Alexandre, sa réponse à ma lettre ; que je désire savoir si, de part et d’autre, ces préparatifs doivent finir ; que, dans l’incertitude, je suis obligé de me mettre en garde et d’envoyer des troupes à Dantzig pour tenir cette place à l’abri de toute tentative.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous lui ferez connaître ma dernière conversation avec les députés du conseil du commerce, ce que je leur ai dit pour les détourner de se lier désormais d’intérêt avec le commerce anglais ; que l’Angleterre perdrait tous ceux qui s’attacheraient à elle ; qu’elle ne pouvait espérer de soutenir ses excessives dépenses qu’en usurpant la souveraineté de tout l’univers ; mais que je lui avais ôté cette souveraineté en parvenant à l’exclure de la partie de l’univers qui consomme davantage ; que je savais le grand convoi qu’ils expédiaient en ce moment pour la Baltique ; qu’à ce sujet des lettres arrivaient de tous côtés ; que dans ces lettres on faisait des propositions de commerce, on demandait des crédits ; que je les prévenais bien de ne pas s’y fier ; que ces marchandises seraient arrêtées partout : en Prusse, même en Russie, quelque chose qu’on leur dit, parce que l’empereur Alexandre avait déclaré vouloir rester en guerre contre l’Angleterre, comme seul moyen de maintenir la paix du continent ; que sans doute les contrebandiers, qui sont actifs, trouveraient moyen de passer, soit d’un côté, soit de l’autre, mais que tout cela ne pourrait pas être secret plus de quinze jours ; qu’on le saurait, et qu’alors je ferais arrêter la contrebande partout où je pourrais la trouver ; que sans doute les contrebandiers chercheraient de toute manière à nouer une trame avec le continent, mais que cette trame je la couperais avec mon épée si cela devenait nécessaire…[^2] Vous rappellerez ce que j’ai dit à ce banquier genevois dont le fils a fait banqueroute, que son fils avait failli pour avoir escompté sur une partie du dernier convoi anglais de la Baltique.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Dans cette dépêche, vous ne parlerez pas du comte Lauriston[^3].</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous ferez bien remarquer au duc de Vicence que tous ces mouvements de troupes, c’est la Russie qui les a commencés ; que nous n’en avons même fait aucun qui puisse justifier la marche de quatre divisions qui se portent de la Moldavie sur la frontière du Grand-Duché.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Np</i></h3> [^1]: Caulaincourt. [^2]: Sur la minute (Archives nationales, AF IV 890, avril 1811, n° 7), phrase supplémentaire : « que jusqu’à présent j’avais été indulgent, mais que cette année j’étais décidé à user de rigueur envers ceux qui feraient des affaires de contrebande. » [^3]: Futur ambassadeur à Saint-Pétersbourg (voir CG11-26444 et CG10-259582, 26020). [^4]: <span></span> Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1788, fol. 118 et 119. [<font size="2" style="font-size: 10pt"><i>C</i></font><font size="2" style="font-size: 10pt"> 17538]</font></body>