CG5-9976.md

identifiantCG5-9976.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/05/04 00:00
titreNapoléon à Fouché, ministre de la Police générale
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9976. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Alexandrie, 14 floréal an XIII [4 mai 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je n’ai pu qu’être extrêmement étonné de l’article <i>Oise </i>de votre bulletin<sup>[^1]</sup>. Mon intention est que le conseiller d’État<sup>[^2]</sup> se rende à Compiègne, y fasse venir le préfet<sup>[^3]</sup>, et me fasse un rapport détaillé. Je veux connaître le commissaire corrompu et le dessous de cette affaire. Vous ordonnerez à l’ancien maire de Compiègne<sup>[^4]</sup> de se rendre à votre ministère et de vous donner tous les renseignements. Je ne raille point sur l’objet de la corruption, et je serai inexorable sur les agents corrompus. Vous témoignerez mon mécontentement au préfet de l’Oise, et lui ferez connaître que, si je ne connais point le dessous de cette affaire, je m’en prendrai à lui et le destituerai comme indigne de sa place.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Portez la plus sérieuse attention sur la conscription et, en général, sur l’administration des préfets et sous-préfets. L’administration n’est bonne nulle part, et elle tue par sa racine l’ordre social. Ne manquez pas de me communiquer les nouveaux renseignements sur la contrebande de Mayence ; le chef de bataillon<sup>[^5]</sup> doit être puni sévèrement. Un officier qui fait la contrebande n’a point d’honneur. J’ai appris avec plaisir que des bandes de colporteurs avaient été arrêtées. Le conseiller d’État de cet arrondissement y portera une attention particulière ; si c’est celui de Bourges, il le verra ; si c’est un autre, il ira et approfondira cette affaire. Un homme puni sévèrement, à propos, et livré à la vengeance des lois, épargne la vie de beaucoup de monde et évite un incendie. Je n’approuve pas que, sur un objet si important, vous vous en soyez remis au préfet d’Indre-et-Loire<sup>[^6]</sup>. Mon intention est de me servir, pour les faire marcher, des agents mis auprès de vous. Réunissez dans un seul rapport, comme celui de Vandenberg<sup>[^7]</sup> du 20 thermidor, celui de Compiègne ; le faire imprimer, et faire connaître par une apostille sévère la manière dont je prétends punir ceux qui se livreront à des spéculations sur la conscription.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites connaître au préfet de Nîmes<sup>[^8]</sup> mon mécontentement de ce qu’il laisse mettre sur la scène les sœurs hospitalières. Ces bonnes filles nous sont trop utiles pour les tourner en ridicule.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je suis étonné que vous n’ayez pas procédé contre le curé d’Hyères<sup>[^9]</sup> ; si les faits sont vrais, lancez un mandat d’amener et faites-le arrêter. Avant, vérifiez les faits et faites-lui demander la copie de son discours. Vous ne prenez pas, en général, assez de mesures. En demandant un état à deux colonnes, mettre sur un tableau les mesures que vous prenez.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Si le sieur Ravel, de Paris, fait des voyages à Londres, faites-le arrêter au retour avec toutes les lettres dont il pourrait être porteur. Si la conduite de Blanchard, de Nantes, se vérifie, faites-le arrêter. On veut me faire croire que les agents forestiers de ma forêt de Fontainebleau font des coupes à leur profit ; faites veiller sur cela.<sup>[^10]</sup></font></p> [^1]: Du 27 avril, faisant état d’un conflit à Compiègne entre le sous-préfet (Jarry de Mancy) et le suppléant du maire (Léré) au sujet de la conscription, avec soupçon de corruption pour favoriser les réformes. Le préfet, au courant de l’affaire, n’a pas fait preuve d’autorité. [^2]: Réal. [^3]: Heyden Van Belderbusch. [^4]: Remplacé par son suppléant, Léré. [^5]: Boyé en garnison à Mayence. Récidiviste, il sera destitué par décret impérial le 28 mai. [^6]: Pommereul. [^7]: Employé de la préfecture des Deux-Nèthes, arrêté le 27 avril pour prévarication dans la conscription. [^8]: François d’Alphonse, depuis le 13 avril 1804. [^9]: Il a prononcé un violent sermon où il dénonce les acquéreurs de biens nationaux, les divorces, etc. [^10]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, floréal an XIII, n° 96.</body>