| identifiant | CG5-9954.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1805/05/02 00:00 |
| titre | Napoléon à Fouché, ministre de la Police générale |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9954. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Alexandrie, 12 floréal an XIII [2 mai 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Le <i>Journal des Débats</i> ne dit plus que des bêtises. À présent il envoie le prince Charles<sup>[^1]</sup> à Milan, pour avoir le plaisir de déclarer, d’ici à quinze jours, qu’il n’a pas voulu y venir. Il envoie Merveldt à Saint-Pétersbourg. Qu’est-ce que cela me fait ? Quelle espèce d’intérêt y prend le public ? Comment un misérable bulletin de Francfort peut-il savoir, en avril, ce que fera le prince Charles, et comment Merveldt, qui n’est point parti, partira ? Mais ce sont des moyens d’alarmer. Il doit voir dans le bulletin qu’on lui envoie ce qui est de fait et non. Ce qui est de fait, on peut le lui pardonner ; mais ce qui ne l’est pas, ce n’est que de la malveillance ou de l’extrême bêtise.</font></p><p> <font size="3" style="font-size: 12pt">Demandez à Brune s’il amène des chevaux de chasse et autres ; s’il les amène, ne rien dire ; sinon c’est faire croire à un luxe qui n’existe pas. Il en est de même de la fameuse partie de chasse de Stupinigi, qui consistait en un mauvais daim lancé dans un petit parc, et qui n’a point coûté un louis. Par ces relations ampoulées, ne dirait-on pas qu’il y a eu une partie de chasse, qu’on a fait venir, de tous les coins de l’Italie, des chiens, et dépensé un demi-million ? Je crois qu’il faut prévenir ce rédacteur, par un chef de division, que je n’attribue point à la malveillance une bêtise, quoique je compte le rendre responsable. On a dit que j’avais fait cinq princes à Milan ; tourner cette nouvelle en ridicule ; elle vient de Francfort ; il était beaucoup plus simple d’attendre que ces princes fussent nommés que d’en parler d’après les journaux étrangers. On publie les articles publiés dans les journaux étrangers ; et, quand ils sont relatifs aux affaires de France, on part de là pour y croire.<sup>[^2]</sup></font></p><p><br/> </p><p><br/> </p> [^1]: Frère de l’empereur François, il est un des meilleurs stratèges autrichiens. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, floréal an XIII, n° 72.</body> |