CG5-9899.md

identifiantCG5-9899.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/04/24 00:00
titreNapoléon à Fouché, ministre de la Police générale
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9899. - </b>À Fouché, ministre de la Police générale</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Stupinigi, 4 floréal an XIII [24 avril 1805]</h2><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Un petit événement a eu lieu près de Compiègne : il paraît que des hommes armés ont arrêté le courrier. Apprenez-moi l’arrestation de ces brigands. Je ne puis penser que ce soit des dragons ; faites-moi connaître quel indice vous autoriserait à avoir ce soupçon<sup>[^1]</sup>.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je suis assez satisfait de ce pays-ci. Tous les tribunaux criminels m’assurent que, depuis un an, ils ont le tiers moins d’affaires qu’il y a quinze ans. Faites faire à ce sujet des articles. Le résultat est qu’il y avait deux assassinats et demi par jour en 1788 ; il n’y en a pas aujourd’hui les trois quarts d’un.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Ne restez pas étranger à la conscription. Écrivez au préfet du Puy-de-Dôme<sup>[^2]</sup> que son département est celui qui a le plus de déserteurs. Faites demander au bureau de la Guerre les sept ou huit départements le plus en retard, et écrivez-leur sévèrement. Un préfet qui ne fait pas marcher la conscription ou qui tolère des déserteurs, les laisse en repos et désorganise ainsi l’armée, ne peut conserver ma confiance.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Toutes les nouvelles de mer sont bonnes. Faites imprimer quelques articles habilement faits, pour démentir la marche des Russes, l’entrevue de l’empereur de Russie avec l’empereur d’Autriche, et ces ridicules bruits, fantômes nés de la brume et du spleen anglais. Remuez-vous donc un peu plus pour soutenir l’opinion. Dites aux rédacteurs que, quoique éloigné, je lis les journaux ; que, s’ils continuent sur ce ton, je solderai leur compte ; qu’en l’an VIII je les ai réduits à quatorze. Je pense que ces avertissements successifs aux principaux rédacteurs vaudront mieux que toutes les réfutations. Dites-leur que je ne les jugerai point sur le mal qu’ils auront dit, mais sur le peu de bien qu’ils n’auront pas dit. Quand ils représenteront la France vacillante, sur le point d’être attaquée, j’en jugerai qu’ils ne sont pas Français ni dignes d’écrire sous mon règne. Ils auront beau dire qu’ils ne donnent que leurs bulletins : on leur a dit quels ils étaient ces bulletins ; et, puisqu’ils doivent dire de fausses nouvelles, que ne les disent-ils à l’avantage du crédit et de la tranquillité publique ? Oiseaux de mauvais augure, pourquoi ne présagent-ils que des orages éloignés ? Je les réduirai de quatorze à sept, et conserverai, non ceux qui me loueront, je n’ai pas besoin de leurs éloges, mais ceux qui auront la touche mâle et le cœur français, qui montreront un véritable attachement pour moi et mon peuple. Vous savez la confiance que j’ai en vous ; je trouve que vous ne donnez pas une assez grande direction à cette partie. Dites à Esménard que je vois avec peine qu’il fasse un journal. Je suppose que c’est le poète. S’il est dans le besoin, je préfère que vous lui donniez de quoi faire son voyage et qu’il vienne me trouver à Milan.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai renvoyé le rapport sur la contrebande à M. Cambacérès<sup>[^3]</sup> ; voici sa réponse. J’en conclus qu’il faut arrêter tous les individus compromis, mettre inscription sur leurs biens, ordonner des visites domiciliaires pour confisquer les marchandises anglaises, et, enfin, me faire un rapport en détail sur chaque individu, qui pourrait être imprimé pour entacher ces négociants du sceau du déshonneur. Je vois dans votre rapport qu’un nommé Cavin, chassé par la Guerre comme mauvais sujet, est allé à Versailles. Pour une chose de cette nature, il faut éloigner à quarante lieues, sans quoi c’est ne rien faire.<sup>[^4]</sup></font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><br/> </p><p style="margin-right: 0.01cm"><br/> </p><p style="margin-right: 0.01cm"><br/> </p> [^1]: <span></span> Il s’agit de l’attaque du courrier de Paris à Bruxelles, le 20 avril, dans la forêt de Compiègne par six individus masqués. Les voyageurs dévalisés croient qu’il s’agit de soldats déguisés. L’enquête démontrera qu’il s’agit bien de dragons du 12<sup>e</sup> régiment. [^2]: La Rivoire de La Tourrette. [^3]: Voir n° 9847 et n° 9910. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, floréal an XIII, n° 26.</body>