| identifiant | CG5-9887.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1805/04/23 00:00 |
| titre | Napoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9887. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Stupinigi, 3 floréal an XIII [23 avril 1805]</h2><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur Talleyrand, ministre des Relations extérieures, un courrier d’Espagne m’apprend la nouvelle que Villeneuve a joint Gravina<sup>[^1]</sup> devant Cadix le 20 germinal. Mon intention est que vous écriviez à Beurnonville<sup>[^2]</sup> que j’avais espéré 8 vaisseaux ; il n’y en avait que 5, et on m’en avait promis 6 ; que je désire qu’on active les armements du Ferrol, afin que, si l’escadre de Brest tardait à sortir, elle pût y trouver 8 vaisseaux au lieu des 6 qu’on m’avait promis. Ce n’est pas tout aujourd’hui que d’avoir des escadres à la mer, il faut les soutenir. Il faut avoir à Cadix des escadres considérables qui obligent les Anglais à en tenir une pour les bloquer. L’escadre de Carthagène, isolée, ne peut rien<sup>[^3]</sup>. Proposez au prince de la Paix<sup>[^4]</sup> d’envoyer ces 6 vaisseaux à Toulon, ce qui, avec les 2 vaisseaux que j’y ai, obligera l’ennemi à craindre pour la Sicile et la Sardaigne et à tenir une escadre dans la Méditerranée. Si le prince de la Paix y consent, je prendrai l’obligation de nourrir et d’entretenir les équipages. Il faudra que l’escadre espagnole reçoive l’ordre exprès d’agir selon mes instructions, sans être assujettie aux différents généraux de la marine espagnole. Mon intention ne serait pas de faire sortir cette escadre, mais d’en faire la menace ; et, comme j’aurai là un camp de 4 ou 5 000 hommes, je donnerai une grande inquiétude aux Anglais. Si le prince de la Paix ne prend pas ce parti, je pense que l’escadre de Carthagène doit se rendre à Cadix, où on activerait les armements de manière à avoir là une escadre de 12 vaisseaux ; cela obligera les Anglais d’en avoir 12 dans le détroit, ou de s’exposer à voir tous leurs convois interceptés. Recommandez donc à Beurnonville de faire sentir au prince de la Paix l’importance d’avoir une escadre considérable à Cadix.<sup>[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Commandant de l’escadre de Cadix. [^2]: Ambassadeur de France à Madrid. [^3]: Salcedo a refusé de joindre son escadre à celle de Villeneuve au motif qu’il n’avait pas d’instruction du Roi en ce sens. [^4]: Godoy. [^5]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et documents, France, vol. 1775, fol. 102.</body> |