| identifiant | CG5-9839.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1805/04/13 00:00 |
| titre | Napoléon au général Pino, ministre de la Guerre du royaume d’Italie |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9839. - </b>Au général Pino, ministre de la Guerre du royaume d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lyon, 23 germinal an XIII [13 avril 1805]</h2><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je reçois votre courrier avec les renseignements que vous me donnez sur Venise, qu’il n’y a aucune espèce de probabilité de guerre (les nouvelles assurances que j’ai reçues de l’empereur d’Allemagne me portent à le penser), et, sans même ces déclarations, il n’entre pas dans le sens que la Maison d’Autriche veuille se compromettre sans avoir rien à espérer et tout à perdre. Il y a longtemps que j’étais instruit des divisions qui existaient dans la famille impériale, et du désir qu’avait l’empereur de voir le prince Charles chargé d’une seule partie, de la guerre ; cela ne tient à aucune disposition politique. J’approuve cependant l’envoi que vous avez fait d’hommes sûrs à Venise. Il faut en envoyer un à Laybach<sup>[^1]</sup> pour parcourir la Dalmatie et la Carniole, et un autre parcourir la Styrie et la Carinthie. Mes ministres dans les différentes cours ont eu ordre de me tenir instruit de tous ces mouvements. Il est impossible d’ailleurs que l’Autriche commence la guerre que trois mois après que son humeur serait démasquée. L’achat de chevaux d’artillerie, le grand mouvement dans ses trains, ses parcs, seraient un indice certain de guerre et qui paraîtrait bien avant où ses coups pourraient se porter.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Les mouvements qui ont lieu aux Grandes Indes<sup>[^2]</sup>, et qui viennent d’obliger l’Angleterre d’y expédier lord Cornwallis<sup>[^3]</sup> avec plusieurs régiments, la maladie épidémique de Gibraltar, la nécessité où ils sont d’envoyer 8 ou 10 000 hommes pour garantir la Jamaïque et leurs îles sous le Vent<sup>[^4]</sup>, que les croiseurs de la Martinique et une de mes escadres menacent, et enfin la crainte du débarquement qu’ils ont, les mettraient hors d’état de donner des secours efficaces à la Maison d’Autriche que par quelques sommes d’argent. Le général de division Lagrange<sup>[^5]</sup> vient de s’emparer de la Dominique et de Sainte-Lucie. Il a fait toutes les troupes anglaises prisonnières ; il s’est emparé du fort du Roseau dès le premier jour de son débarquement.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon escadre de Toulon, qui est sortie depuis quinze jours avec 10 000 hommes à bord, va renouveler leurs inquiétudes et les obligera à garnir les îles et possessions lointaines qu’ils jugeraient trop faibles pour résister à une attaque.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je partirai de Lyon mardi, et dans le courant de la semaine je serai au-delà des Alpes.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut que toutes les directions qui seront données à Milan tendent à calmer sur la crainte tout à fait mal fondée de la guerre, et à faire envisager les camps que je fais à Marengo et à Castiglione comme de simples camps de parade.<sup> [^6]</sup></font></p> [^1]: Aujourd’hui Ljubljana. [^2]: C’est-à-dire aux Indes orientales. [^3]: Envoyé comme gouverneur général en Inde où il mourra le 5 octobre 1805. [^4]: Les Antilles. [^5]: Commandant les troupes embarquées sur l’escadre de Missiessy partie de Rochefort en janvier 1805. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, germinal an XIII, n° 89.</body> |