| identifiant | CG5-9828.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1805/04/12 00:00 |
| titre | Napoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9828. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Lyon, 22 germinal an XIII [12 avril 1805]</h2><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Le commissaire général de Suède<sup>[^1]</sup> vous parle souvent de relâcher ses bâtiments. J’imagine que vous vous respectez assez pour ne point parler d’affaires avec ce commissaire, et que vous lui faites parler par un intermédiaire. Faites-lui dire par un de vos chefs de division que ses bâtiments ne seront relâchés que lorsqu’on aura une notification de la Suède qu’elle veut rester en paix avec la France et qu’elle a renoncé à tout projet d’alliance avec l’Angleterre<sup>[^2]</sup>. La négociation d’un traité de subsides est un commencement d’hostilités. On nierait en vain cette négociation, puisque nous avons entre les mains les originaux des lettres des ministres anglais. Dans cet état de choses, il nous faut une déclaration, fût-ce même de M. Signeul, que le roi est résolu à vivre en paix avec la France.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je reçois des nouvelles du 7 germinal, qui me disent que les escadres du Ferrol et de Cadix sont telles qu’on les a demandées. On sollicite à force pour que l’on fournisse le biscuit qu’on a demandé, afin qu’on puisse faire d’autres armements. Voyez Vanlerberghe à cet effet. Il y a là de la bonne volonté, et je ne doute pas qu’on ne parvienne à armer d’autres vaisseaux.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Toutes les nouvelles de Londres portent qu’on y a été très alarmé de la sortie de l’escadre de Brest, qu’on n’avait pas de dispositions faites, et qu’on a battu le ban et l’arrière-ban pour envoyer 5 vaisseaux à l’escadre. Les journaux anglais vous auront appris le succès de l’expédition de Missiessy ; il paraît qu’il n’y avait en effet que 500 hommes de troupes de ligne à la Dominique ; il n’y en a pas 1 000 à la Trinité<sup>[^3]</sup>. Il faut avouer que ces gens-là sont maîtres du monde à bon marché. Il paraît aussi que 800 hommes de troupes, avec un convoi assez considérable, sont partis d’Angleterre pour La Barbade. On est à Londres dans les plus vives alarmes que ce convoi ne soit intercepté. Envoyez un courrier à Anvers pour fréter des bâtiments et les charger de farine pour les Indes. On ne recevra que fort tard des nouvelles de Bordeaux. Mettez-y la discrétion et l’indiscrétion nécessaires. Faites mettre dans les journaux de Hollande un détail sur Lauriston, que vous ferez faire dans vos bureaux ; il est fils de Lauriston<sup>[^4]</sup> qui a commandé aux Indes. Je pense qu’un article sur la situation des Indes, où l’on parlerait du père de Lauriston, où l’on le louerait, où l’on dirait qu’il est aimé aux Indes, qu’il a un fils aide de camp de l’Empereur, qui a porté à Londres les ratifications du traité d’Amiens, et qui commande aujourd’hui les troupes de l’escadre de Toulon, cela, dis-je, remplirait le but.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">On a eu la maladresse de ne pas emballer la carte de la Dominique ; faites-m’en passer une, ainsi qu’une carte de l’Océan, sans cependant m’envoyer l’atlas.<sup>[^5]</sup></font></p> [^1]: Signeul. [^2]: Un traité a été signé entre la Suède et l’Angleterre le 3 décembre 1804. [^3]: Le 22 février 1805, les troupes embarquées sur l’escadre de Missiessy partie de Rochefort en janvier 1805 se sont emparées de l’île de la Dominique. Faute de matériel de siège, elles n’ont pu cependant réduire le fort Rupert où s’est regroupé le reste des forces britanniques. Voir CG5-9769. [^4]: Maréchal de camp des armées du Roi, il gouverna l’Inde française entre 1765 et 1777. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, germinal an XIII, n° 85.</body> |