| identifiant | CG5-9810.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1805/04/10 00:00 |
| titre | Napoléon à Cretet, directeur général des Ponts et Chaussées |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9810. - </b>À Cretet, directeur général des Ponts et Chaussées</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bourg, 20 germinal an XIII [10 avril 1805]</h2><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Ce que j’ai vu à Troyes m’a fort étonné, et je suis encore à comprendre comment la nation française a existé si longtemps sans qu’on fit des opérations aussi faciles que celle qui rendra la Seine navigable, au moins jusqu’à Troyes. Je conclus de cette situation des choses qu’il reste beaucoup à faire pour la navigation de cette rivière. Je désire avoir, au 1<sup>er</sup> messidor, un rapport sur ce qu’il y a à faire du Havre à Paris, afin que je puisse ordonner les travaux. J’entends ne rien épargner pour la facilité des communications de Paris au moyen de la navigation de la Seine. Vous me remettrez aussi des plans et devis sur ce qu’il faut arrêter pour rendre la Marne navigable aussi haut qu’il sera possible. Vous remarquerez que, dans le décret que je viens de rendre pour la navigation de la Seine, je ne la porte que jusqu’à Châtillon<sup>[^1]</sup> ; mais mon intention est qu’on remonte jusqu’à Saint-Seine<sup>[^2]</sup>, si cela est praticable. Les projets ne doivent s’arrêter qu’à l’impossible, sauf à peser dans un conseil si l’avantage d’une lieue de plus de navigation est en proportion avec la somme qu’il faudra dépenser. Je désire qu’il soit fait, à l’égard de la Marne, des projets conformément aux mêmes principes.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous verrez que je prescris de construire des écluses en bois jusqu’à Troyes, parce que la pierre manque et que les écluses en pierre ne pourraient être faites que lorsque les écluses de Bar-sur-Seine seraient en activité, ce qui retarderait de douze ans la jouissance de la navigation jusqu’à Troyes. Je veux que ces écluses aient plus de vingt-quatre pieds, et je ne conçois pas pourquoi on ne leur donnerait que dix-huit pieds dans une eau courante et qui ne manque pas. L’augmentation de dépense ne sera que d’un cinquième. J’ordonne également que l’écluse d’Arcis-sur-Aube soit portée à vingt-quatre pieds. Il me semble que le système des petites écluses n’est soutenable que dans un canal, qui, tirant son eau d’un étang ou d’une réserve, a grand besoin de la ménager.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre ingénieur de Troyes<sup>[^3]</sup> est un homme médiocre ; celui de Mâcon<sup>[^4]</sup> est encore plus mauvais ; il ne sait rien du tout.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je désirerais aussi que vous fissiez faire le projet de l’Aube et de l’Yonne. La navigation de cette dernière rivière est encore plus importante pour Paris. La ville de Paris étant destinée à s’augmenter beaucoup, il faut que toutes les eaux qui y arrivent soient navigables jusqu’à leur source.<sup>[^5]</sup></font></p> [^1]: Châtillon-sur-Seine. [^2]: Saint-Seine-l’Abbaye, village situé à proximité des sources de la Seine. [^3]: Descolins. [^4]: Baillet. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, germinal an XIII, n° 66.</body> |