| identifiant | CG5-9805.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/04/09 00:00 |
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| titre | Napoléon à Gaudin, ministre des Finances |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9805. - </b>À Gaudin, ministre des Finances</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Mâcon, 19 germinal an XIII [9 avril 1805]</h2><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai
reçu votre lettre. Les bois rendent 38 millions ; mais depuis
deux ans la valeur des bois a plus que doublé en France, et le
revenu n’a point doublé. Les inspectant, je n’ai trouvé à
Mâcon aucun inspecteur forestier ; le conservateur aurait bien
pu s’y rendre ; témoignez-lui mon mécontentement sur cet
objet. Ici, à Chalon<sup>[^1]</sup>,
j’ai reçu beaucoup de plaintes sur les agents forestiers ; ce
sont des hommes tarés pour leurs mauvaises opinions. J’en ai
destitué un, et les préfets se plaignent beaucoup de ce que les
inspecteurs composent mal les gardes. Les gardes sont nommés par les
inspecteurs et sous-inspecteurs, sans que l’autorité
administrative puisse faire aucune observation sur le degré de
confiance que méritent ces individus. Présentez-moi un projet de
décret pour que désormais, sous aucun prétexte, aucun garde ne
puisse être nommé sans avoir fait campagne dans la dernière
guerre. Je n’ai trouvé sur mon passage que des militaires bien
famés, ayant leur retraite et ne demandant que la faveur d’être
gardes, et ne pouvant l’obtenir parce que les inspecteurs et
sous-inspecteurs y mettent leurs protégés. On se plaint surtout
qu’ils dilapident beaucoup les bois<sup>[^2]</sup>.
Les préfets se plaignent aussi de leur insubordination. Il serait à
propos de régler quel est le rapport qu’ils doivent avoir avec les
préfets. Le bien du service me semblerait exiger que ceux-ci aient
le droit de leur demander les renseignements qu’ils veulent, soit
pour les éclairer sur les dénonciations qui leur seraient faites,
soit pour fixer leur opinion sur la nature de leurs opérations, afin
que les préfets soient toujours à même de pouvoir répondre
directement à Paris pour éclairer sur la marche de l’administration
forestière.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je
vous prie de me faire connaître à combien s’est monté dans l’an
XII, pour toute la France, le droit de navigation ; et que
fait-on de ces fonds ? Ils ont, je crois, une affectation spéciale.
Rentrent-ils au Trésor public, et, dans ce cas, rentrent-ils comme
produit du droit de passe ou comme recette générale de l’État ?
S’ils y entrent comme droit de passe, comment s’en fait
l’affectation de la dépense aux différents travaux ? Qu’y
a-t-il de décidé pour l’emploi des recettes de l’an XIII, et
qu’a-t-on fait des recettes de l’an XII ? Combien rend net,
indépendamment de l’entretien, le canal de Languedoc ? Le canal du
Centre ? Les régies qui existent pour la perception des droits de
l’un et de l’autre des canaux sont-elles bonnes ? Plusieurs de
ces objets peuvent ne pas dépendre de votre ministère : vous
prendrez les renseignements à l’Intérieur et au Trésor public,
afin de pouvoir me répondre.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Envoyez-moi
aussi un état de ce qu’ont produit dans l’an XII les droits
réunis, par département et par nature de recettes, en mettant en
observation celles appartenant au Trésor public et ce qui a une
affectation spéciale. Envoyez-moi ce même état pour le 1<sup>er</sup>
trimestre de l’an XIII. Veillez surtout à ce que l’argent rentre
au Trésor public ; car si, lors des comptes généraux, je
m’aperçois que le caissier général éprouve des retards et se
donne de bons moments à son profit, je reviendrai sur cette caisse
et je ferai percevoir directement par le Trésor public. Vous ne
sauriez donc porter trop de surveillance sur ces objets, et même
vous fâcher, s’il le faut. J’ai l’opinion que M. Jame<sup>[^3]</sup>
est un fort honnête homme, mais je cesserais d’avoir cette opinion
s’il retardait de vingt-quatre heures ses versements. Vous savez
qu’en fait de comptabilité il faut toujours voir, et je porterai
d’autant plus d’attention à ce qui peut le regarder, qu’il est
intendant d’un prince.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">La
concurrence pour la vente des biens serait à craindre s’ils
étaient dans le même département ; mais une trentaine de
millions répandus dans toute l’étendue de l’Empire ne formeront
aucune concurrence dangereuse ; d’ailleurs les conditions de
la vente sont déterminées. Nous ne pouvons que ne pas vendre ;
nous ne risquons de rien perdre en essayant de vendre.<sup>[^4]</sup></font></p>
[^1]: Chalon-sur-Saône.
[^2]: La Révolution a laissé les forêts dans un état catastrophique. Napoléon remet de l’ordre avec la mise en place d’une administration générale des forêts (arrêtés des 16 nivôse et 6 pluviôse an IX), mais le Code forestier ne verra le jour qu’en 1827.
[^3]: Régent de la Banque de France et intendant général de la Maison de Joseph Bonaparte.
[^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, germinal an XIII, 64.</body> |
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