CG5-9799.md

identifiantCG5-9799.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/04/07 00:00
titreNapoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9799. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Chalon-sur-Saône, 17 germinal an XIII [7 avril 1805]</h2><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur Talleyrand, ministre des Relations extérieures, je vous renvoie votre portefeuille. Les lettres de Vienne me paraissent ne rien conclure ; celles de Berlin ne me paraissent demander aucune décision. Cette cour est plus mal avec les Russes que nous, avec cette différence qu’elle les craint et que nous ne les craignons pas.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous auriez bien dû m’envoyer la note sur le deuil ; je voudrais avoir un travail complet là-dessus. Mon intention est de prendre le deuil au moment où je passerai à Lyon<sup>[^1]</sup>.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Rédigez-moi un projet de décret relatif à la princesse Ferdinand<sup>[^2]</sup>.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’attendrai la réponse du roi de Prusse<sup>[^3]</sup> sur les affaires d’Italie. J’ai reçu une lettre de l’Électeur archichancelier<sup>[^4]</sup> qui me complimente sur les changements arrivés en Italie.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai demandé au ministre de la Police<sup>[^5]</sup> un rapport sur la lettre de M. de Cobenzl<sup>[^6]</sup>, relative à un officier du Limbourg.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je désire que tous ceux qui ont à me porter des cordons, tels que Lucchesini<sup>[^7]</sup>, Lima<sup>[^8]</sup>, ou qui auraient des lettres de leur souverain à me remettre, me les portent où je serai. Cela peut s’appliquer à M. de Cobenzl. Vous ferez dire à Paris que, si quelque ambassadeur a des communications directes à me faire, il lui sera expédié des passeports pour l’endroit où je me trouverai. Je n’ai point reçu les cordons du Portugal, parce que j’étais sur mon départ et que j’aurais voulu recevoir ceux de Prusse auparavant.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je désire que vous fassiez connaître à M. de Moustier<sup>[^9]</sup> que je ne conçois pas qu’un homme qui a tant de jugement puisse s’alarmer pour la Prusse de 30 000 Russes ; qu’elle a 200 000 hommes, et que l’artillerie, la cavalerie et les officiers de l’armée prussienne valent trente fois la cavalerie et l’artillerie russes. Il s’en expliquera ainsi toutes les fois qu’il en sera question, en dépréciant les Russes et élevant les forces et la valeur des troupes de la Prusse.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites passer à la police les noms des Français au service de l’Angleterre qui se trouvent être actuellement à Dresde.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Faites connaître à Jollivet<sup>[^10]</sup> que mon intention n’est pas qu’il sorte de Mayence ; que ce n’est point en parcourant les cours qu’il fera mes affaires, et que je ne m’attends point à la courtoisie et à la déférence dans les affaires d’intérêt et d’argent, où j’ai déjà trop perdu.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Donnez ordre à Portalis fils<sup>[^11]</sup> de se rendre à son poste.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Écrivez à mon commissaire à Bucarest qu’il a tort d’attacher tant d’importance à tous les faux bruits et aux sottises qu’on fait courir ; qu’il suffit que lui et les Français qui sont dans le pays ne soient pas trompés. Si quelqu’un porte la croix de Saint-Louis, qu’il fasse une note au prince pour dire qu’il va partir s’il n’empêche pas que cet affront me soit fait.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vous envoie la lettre du roi de Prusse et celle de l’archichancelier ; remettez-moi promptement les projets de réponse. Quant aux négociations de Munich et de Bade, tant pour la politique que pour les affaires particulières, il faut laisser faire le destin ; je ne veux conclure rien de définitif. Je resterai donc dans la même position. Dites-en seulement assez à Otto<sup>[^12]</sup> pour qu’il soit persuadé que je suis dans la même intention.</font></p><p style="margin-right: 0.01cm"><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vous fais connaître, par une lettre particulière, que j’ai destiné Romieu à aller en Perse. Le port dont je vous ai parlé est effectivement le port de Gombroun, mais je voudrais avoir des renseignements certains ; on dit qu’il n’est pas sous la domination du roi de Perse actuel ; faites-moi connaître si vos renseignements sont certains.<sup>[^13]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Voir CG5-9777. [^2]: Antoinette de Bourbon, fille du roi des Deux-Siciles Ferdinand IV et épouse du prince des Asturies, le futur Ferdinand VII. [^3]: Frédéric-Guillaume III. [^4]: Charles Théodore von Dalberg. [^5]: Fouché. [^6]: Ambassadeur d’Autriche à Paris. [^7]: Ambassadeur de Prusse à Paris. [^8]: Ambassadeur du Portugal à Paris. [^9]: Chargé d’affaires en Saxe. [^10]: <span></span><sup> </sup>Conseiller d’État et commissaire général des départements de la rive gauche du Rhin. [^11]: Joseph Marie Portalis, fils du ministre des Cultes, ministre plénipotentiaire près la Diète d’Empire de 1804 à 1806. [^12]: Ministre plénipotentiaire de France en Bavière. [^13]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et documents, France, vol. 1775, fol. 99.</body>