| identifiant | CG5-9755.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1805/03/31 00:00 |
| titre | Napoléon au maréchal Moncey, premier inspecteur général de la gendarmerie |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9755. - </b>Au maréchal Moncey, premier inspecteur général de la gendarmerie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 10 germinal an XIII [31 mars 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, je n’ai vu qu’avec peine votre ordre du jour du 5 germinal. Je suis fâché que vous n’ayez pas été satisfait de ce que j’ai fait et dit dans cette circonstance, et que vous ayez voulu <i>vous donner des torts à votre tour</i>. Les soldats <i>ne doivent jamais être</i> témoins des discussions des chefs. Je ne puis que désavouer formellement votre ordre du jour.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">La gendarmerie doit obéir à quelqu’un ; <i>si elle est à la fois dans la dépendance de l’armée et de l’administration, elle forme donc un état particulier</i>. Elle doit être à la disposition des préfets, comme supérieurement chargés de la police des départements. Je ne saurais reconnaître dans la gendarmerie une autorité dans l’État. <i>Si elle était immédiatement sous les ordres des militaires, tous les chefs de bataillon pourraient donc punir et disposer de la gendarmerie des départements.</i></font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je n’ai pu être content de la conduite du lieutenant Rapin<sup>[^1]</sup> à Bruxelles. Il a convoqué 50 gendarmes dans la ville sans la permission du préfet ni du général commandant la division<sup>[^2]</sup>. Je n’entends pas que la gendarmerie prenne cette direction d’indépendance. Il est extraordinaire qu’un simple lieutenant puisse désorganiser le service d’un département, et réunir, sans l’autorisation du préfet ou du général commandant la division, 50 gendarmes dans une place. Si la gendarmerie reçoit ainsi une direction d’indépendance de l’autorité civile qui a la police, loin de la rendre avantageuse, on la rendra nuisible à l’État. Le général commandant la division s’est plaint qu’ayant défendu plusieurs fois au lieutenant Rapin de faire des éclats inutiles dans l’affaire des chauffeurs, et de faire monter ses 50 gendarmes à cheval, cet officier ait persisté <i>et fait faire des patrouilles inutiles</i>. Il est également étonnant qu’il ait quitté Bruxelles sans l’ordre du préfet. Il est plus avantageux pour le bien du service, même pour la considération de la gendarmerie, qu’elle soit sous l’autorité civile plutôt que sous l’autorité militaire, chez laquelle un capitaine est soumis aux chefs de bataillon, qui sont très nombreux ; au lieu qu’elle est d’un ordre qui conserve bien plus l’indépendance avec l’autorité civile.<sup>[^3]</sup></font></p><p><br/> </p> [^1]: Voir CG5-9741. [^2]: Respectivement, Mouchard de Chaban et Belliard. [^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 866, germinal an XIII, n° 23.</body> |