CG5-9754.md

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fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/03/31 00:00
titreNapoléon à Barbé-Marbois, ministre du Trésor public
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9754. - </b>À Barbé-Marbois, ministre du Trésor public</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 10 germinal an XIII [31 mars 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur Barbé-Marbois, l’article 2 du projet de soumission des banquiers du Trésor public<sup>[^1]</sup> porte qu’on ne pourra négocier au-delà des cent vingt millions. Cette clause est tout à fait impraticable ; il faut rétablir que la compagnie<sup>[^2]</sup> sera tenue de négocier tout ce que le Trésor public voudra escompter. Je ne veux point de la rédaction des trois pour cent ; je préfère celle de l’année passée. Je ne veux point de l’article 5. L’obligation de recevoir des bons de munitionnaires généraux de terre et de mer est contre la dignité du Trésor public : ils doivent verser de l’argent pour l’escompte de leurs obligations. S’ils ont des arrangements de détail, le trésor n’y entre point. Je ne veux point voir à l’article 9 le mot trois quarts. À l’article 10, je ne vois pas pourquoi le Trésor public s’engagerait à ne faire escompter par la banque que des obligations d’un mois ; il peut être dans le cas d’en faire escompter de deux mois, et la banque ne peut les discréditer. C’est une obligation qu’on ne peut point s’imposer. Je ne veux point de recouvrement de bons à vue ; cette versatilité dans l’administration, sans de profondes et mûres discussions, nous remet, après vingt ans, en doute sur les premiers éléments. Je ne veux point payer un pour cent pour frais de courtage sur les cent vingt millions. Je ne reconnais pas cette clause-là. J’ai vu l’année passée avec peine le service entre les mains d’hommes peu bien famés ; je vois aujourd’hui avec autant de peine que, sans raison, on le leur ôte. Honorés de la confiance du Trésor public, si le Trésor public continuait à en être content, je leur aurais donné, dans quelques années, des preuves d’illustration qui auraient produit de bons résultats. Cela vaudrait mieux que de se jeter à la tête d’hommes nouveaux qui, dans des circonstances difficiles, n’offrent point les mêmes garanties. Cependant je vous laisse le maître de faire là-dessus ce que vous jugerez à propos ; mais je désirerais plus de fixité et une marche constante<sup>[^3]</sup>.<sup>[^4]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/> </p> [^1]: Comprendre : les financiers qui fournissent des fonds au Trésor. [^2]: La compagnie des négociants réunis. [^3]: Nous sommes ici au cour de l’affaire des Négociants réunis qui va ébranler les finances impériales jusqu'à provoquer le renvoi de Barbé-Marbois, l’emprisonnement des Négociants et une profonde réorganisation des Finances publiques ainsi que de la Banque de France. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8506, d’après les Archives des Finances. Minute, Archives nationales, AF IV 866, germinal an XIII, n° 24.</body>