CG5-9729.md

identifiantCG5-9729.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/03/23 00:00
titreNapoléon au général Lacuée, gouverneur de l’école polytechnique
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9729. - </b>Au général Lacuée, gouverneur de l’école polytechnique</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 2 germinal an XIII [23 mars 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur Lacuée, je vous envoie une note que j’ai dictée sur l’organisation de l’École Polytechnique<sup>[^1]</sup>. Je désire que vous vous en occupiez incessamment.</font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napolé</i></h3><p><br/> </p><p style="font-variant: small-caps"><font size="3" style="font-size: 12pt">Note</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je voudrais enfin m’occuper de l’organisation de l’École Polytechnique. Vous m’avez présenté plusieurs projets séparés ; je désire que vous me remettiez un projet qui offre l’ensemble de l’administration. Il convient de distinguer en deux titres séparés ce qui regarde, 1° le logement des élèves, 2° leurs pensions. Mon intention n’est pas que la dépense soit payée par deux ministères différents. L’école sera considérée comme école spéciale de mathématiques, et payée par l’intérieur. La guerre a bien assez de ses dépenses. Vous vous rappellerez que mon désir est que cet établissement coûte peu. Il est dangereux pour des personnes qui n’ont pas de fortune de leur donner des connaissances en mathématiques trop étendues. Quant aux sujets ayant de grandes dispositions et peu de fortune, il sera facile de les placer au moyen de vingt ou trente bourses qui seront créées à cet effet ; mais les pensions des autres élèves doivent être payées par les parents. Une dépense de 500 000 francs ne peut pas être maintenue. Il est bien entendu que ces dispositions ne s’appliqueront point aux jeunes gens qui sont à présent à l’école. L’organisation en bataillon et le conseil d’administration peuvent être établis à l’instar de l’École de Fontainebleau. L’école spéciale de mathématiques ou École Polytechnique est destinée à réunir deux ou trois cents élèves. Les ponts et chaussées, les ingénieurs géographes, les ingénieurs de la marine, l’artillerie et le génie, ne peuvent recevoir deux cents jeunes gens par an : il faut donc qu’une partie de ces élèves puisse entrer dans l’armée ; mais comment y entreront-ils, avec quel grade ? Cela doit aussi être réglé. Je regrette de voir un aussi grand nombre de jeunes gens de cet âge réunis à Paris ; je sens les inconvénients qu’il y aurait à les éloigner trop ; mais, si on pouvait les placer à deux ou trois lieues, il en résulterait un grand avantage. J’ai peine à croire qu’il n’y ait pas à cette distance, aux environs de Paris, des séminaires ou d’autres bâtiments propres à ce service. Ne pourrait-on pas, par exemple, placer l’école au château de Saint-Germain ? Son éloignement ne serait pas assez grand pour que quelques bons professeurs ne pussent pas s’y rendre. Si cependant il faut absolument laisser l’école à Paris, de tous les quartiers celui que je préfère, c’est le Quartier latin, et celui pour lequel j’ai le plus de répugnance c’est le quartier où elle est actuellement<sup>[^2]</sup>.<sup>[^3]</sup></font></p> [^1]: Créée le 28 septembre 1794, Polytechnique a été réorganisée par la loi du 16 décembre 1799 et un décret du 16 juillet 1804. [^2]: Elle était alors installée dans les dépendances du palais Bourbon ; elle sera finalement implantée dans le Quartier latin, dans les locaux des anciens collèges de Navarre et de Boncourt. [^3]: <span></span> Expédition, Bibliothèque de l’École Polytechnique, I/2. La <i>Correspondance</i> (n° 8472) ne publie que la note.</body>