CG5-9700.md

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fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/03/17 00:00
titreNapoléon à François II, Empereur d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9700. - </b>À François II, Empereur d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">La Malmaison, 26 ventôse an XIII [17 mars 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur mon Frère, le Statut de la consulte d’État et des députations des collèges de la République italienne que j’ai proclamé n’est pas en tout conforme à ce que j’avais espéré, puisque j’avais le désir bien naturel de me décharger d’un fardeau aussi pesant pour moi. Mais le Gouvernement de la République italienne a pensé que, tant qu’il y aurait des troupes russes à Corfou et des troupes anglaises à Malte, cette séparation des couronnes de France et d’Italie serait tout à fait illusoire, car il n’y a pas de séparation de couronnes partout où il y a une armée appartenant à une autre couronne. Il n’y a aucune possibilité que l’armée française évacue le territoire de La République italienne tant que les affaires du Levant ne seront point arrangées. Toutefois Votre Majesté verra que j’ai conservé en entier le principe, car mon intention est de me démettre de la couronne d’Italie et de la séparer de la couronne de France, dès que la République des Sept-Îles<sup>[^1]</sup> et l’île de Malte seront rendues à leur indépendance. Et, si Votre Majesté doit voir avec intérêt le Gouvernement d’Italie entièrement séparé de celui de France, elle doit en prendre aussi à ce que la République des Sept-Îles et l’île de Malte soient rendues à elles-mêmes, conformément aux traités. J’ai voulu, au reste, aujourd’hui réitérer moi-même à Votre Majesté que, mon désir étant d’éviter de nouveaux sujets de guerre, je suis prêt à proclamer la séparation des couronnes de France et d’Italie aussitôt qu’il sera possible d’espérer l’évacuation des îles de Corfou et de Malte, et que, dans aucun cas, je n’ai le projet ni l’intention de réunir à la couronne de France celle d’Italie. J’espère que cette déclaration convaincra Votre Majesté de mes dispositions pacifiques ; déclaration dont Votre Majesté ne peut avoir besoin, si elle réfléchit au peu que j’ai gagner à une guerre, et à tout le bien que peut faire à mon peuple et à moi une longue et permanente paix. J’eusse aussi désiré la paix avec l’Angleterre, et la réponse que j’avais reçue du cabinet anglais m’en avait fait entrevoir l’espérance, lorsque le message du roi au parlement ne m’a laissé aucun doute sur ses vraies intentions. Il faudra donc supporter les chances de la guerre, tant qu’il plaira au Gouvernement britannique de se battre. Sur ce, je prie Dieu qu’il veuille tenir Votre Majesté Impériale en sa sainte et digne garde.<sup>[^2]</sup></font></p> [^1]: Les îles Ioniennes. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8445, d’après l’expédition communiquée par le Gouvernement de S. M. l'empereur d'Autriche. Minute, Archives nationales, AF IV 866, ventôse an XIII, n° 75.</body>