| identifiant | CG1-1500.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/04/09 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Kilmaine |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1500. - </b>Au général Kilmaine</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Judenburg, 20 germinal an V
[9 avril 1797]</h2><p><br/>
</p><p>Dès l’instant que votre aide de camp est arrivé, j’ai pris
en grande considération la dépêche dont il était porteur. Vous
trouverez ci-joint une lettre au Doge de Venise et une à Lallement,
qu’il doit présenter en forme de note. Vous verrez par ces deux
lettres, que Junot porte à Venise et dont il doit avoir réponse
sous vingt-quatre heures, quel est le remède qu’il faut porter à
tout ce tripotage.</p><p>Si Junot reçoit une réponse satisfaisante, il vous en préviendra
à son départ de Venise ; s’il ne reçoit pas de réponse
satisfaisante, il se rendra près de vous à Mantoue.</p><p>La division du général Victor doit être arrivée à Padoue.
Vous ferez sur-le-champ désarmer la division de Padoue, prendre les
officiers et le gouverneur, que vous enverrez prisonniers à Milan ;
vous en ferez autant à Trévise, Bassano et Vérone, et, si le Sénat
avait remis garnison à Brescia et à Bergame, vous en feriez autant.
Vous ferez imprimer et répandre la proclamation ci-jointe[^1],
et vous en feriez d’autres, conformes aux circonstances. Vous ferez
marcher la colonne mobile que vous avez réunie, avec votre prudence
ordinaire, à Crema, pour punir les montagnards qui ont assassiné
nos gens et pour les désarmer.</p><p>Pour faire la guerre aux différentes vallées, il faut dissoudre
le rassemblement en menaçant leurs villages, et tomber inopinément
sur un village où ils ne sont pas en force et le brûler.</p><p>À Bergame, à Brescia, à Vérone, à Padoue, à Trévise, à
Bassano, vous organiserez une municipalité choisie parmi les
principaux citoyens, avec une garde qu’ils seront autorisés à se
composer parmi les meilleurs patriotes, pour leur police ; après
quoi vous me renverrez le plus tôt possible la division du général
Victor. Je crois qu’il est essentiel que vous veilliez à ce que
votre communication du Frioul ne soit pas interrompue.</p><p>Vous trouverez ci-joint des ordres de l’état-major qui vous
donnent le commandement de tout le Mantouan, de la division Victor et
de tous les États vénitiens.</p><p>J’imagine que vous avez une carte du Frioul.</p><p>Vous aurez soin de faire arrêter tous les nobles vénitiens et
tous les hommes les plus attachés au Sénat, pour que leur tête
réponde de ce qui sera fait à Venise aux personnes qui nous étaient
attachées et qu’on a arrêtées.</p><p>Vous aurez bien soin de ne vous laisser arrêter par aucune espèce
de considérations. Si dans vingt-quatre heures la réponse n’est
pas faite, que tout se mette en marche à la fois, et que sous
vingt-quatre heures il n’existe pas un soldat vénitien sur le
continent. Vous préviendrez sur-le-champ le commandant d’Ancône
et celui de Trieste de faire courir nos corsaires sur les bannières
vénitiennes.</p><p>Vous sentez combien il est dangereux de laisser aux troupes
vénitiennes le temps de se réunir. Quant aux soldats vénitiens que
vous ferez prisonniers, vous les ferez escorter par les soldats
lombards, et vous les enverrez à Bologne et à Milan pour être
gardés par les gardes nationales de ces deux villes. Ayez soin de
vous emparer de la cavalerie vénitienne pour monter nos dépôts.</p><p>Tout va ici fort bien, et, si l’affaire de Venise est bien menée
comme tout ce que vous faites, ces gaillards-là se repentiront, mais
trop tard, de leur perfidie. Le gouvernement de Venise, concentré
dans sa petite île, ne serait pas, comme vous pensez bien, de longue
durée.</p><p>Je pense donc qu’il faut que vous partiez sur-le-champ pour
Mantoue et même pour Porto Legnago et Peschiera. Entrer dans toutes
les places, désarmer toutes leurs garnisons, faire prisonniers tous
les nobles de Terre ferme, cela ne doit être qu’une seule
opération, et qui, au plus tard, doit être faite vingt-quatre
heures après que Junot sera parti de Venise.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: <span></span>Dans cette « proclamation au peuple de Terre ferme de la
République de Venise », Bonaparte affirme ne combattre que le
Sénat de Venise et ne vouloir châtier que « le petit nombre
d’hommes qui se sont, depuis le temps de la barbarie, emparés du
gouvernement »<i> </i>(<i>Correspondance</i>, n° 1716).
[^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1715, d’après la
Collection Napoléon.</body> |
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