CG1-1497.md

identifiantCG1-1497.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/04/09 00:00
titreNapoléon à Manin, Doge de la République de Venise
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1497. - </b>À Manin[^1], Doge de la République de Venise</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Judenburg, 20 germinal an V [9 avril 1797]</h2><p><br/> </p><p>Toute la Terre ferme de la sérénissime République de Venise est en armes. De tous les côtés, le cri de ralliement des paysans que vous avez armés est : « <i>Mort aux Français !</i> » Plusieurs centaines de soldats de l’armée d’Italie en ont déjà été les victimes. Vous désavouez vainement des rassemblements que vous avez organisés. Croyez-vous que, dans un moment où je suis au cœur de l’Allemagne, je sois impuissant pour faire respecter le premier peuple de l’univers ? Croyez-vous que les légions d’Italie souffriront le massacre que vous excitez ? Le sang de mes frères d’armes sera vengé, et il n’est aucun des bataillons français qui, chargé d’un si noble ministère, ne sente redoubler son courage et tripler ses moyens. Le Sénat de Venise a répondu par la perfidie la plus noire aux procédés généreux que nous avons toujours eus avec lui. Je vous envoie mon premier aide de camp[^2] pour être porteur de la présente lettre. La guerre ou la paix. Si vous ne prenez pas sur-le-champ les moyens de dissiper les rassemblements, si vous ne faites pas arrêter et livrer en mes mains les auteurs des assassinats qui viennent de se commettre, la guerre est déclarée. Le Turc n’est pas sur vos frontières, aucun ennemi ne vous menace ; vous avez fait à dessein naître des prétextes pour avoir l’air de justifier un rassemblement dirigé contre l’armée : il sera dissous dans vingt-quatre heures. Nous ne sommes plus au temps de Charles VIII[^3]. Si, contre le vœu bien manifeste du Gouvernement français, vous me réduisez au parti de faire la guerre, ne pensez pas cependant qu’à l’exemple des soldats que vous avez armés, les soldats français ravagent les campagnes du peuple innocent et infortuné de la Terre ferme ; je le protégerai, et il bénira un jour jusqu’aux crimes qui auront obligé l’armée française à le soustraire à votre gouvernement tyrannique.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p> [^1]: Ludovico Manin (1725-1802), doge de la République Venise du 9 mars 1789 au 16 mai 1797. [^2]: Junot. [^3]: Roi de France (1483-1498), Charles VIII avait conquis le royaume de Naples, en 1494. Pris à revers par une coalition à laquelle Venise prêta son concours, il parvint à se frayer un chemin et à rentrer en France, après la bataille de Fornoue (6 juillet 1495). [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1712, d’après la Collection Napoléon.</body>