CG5-9623.md

identifiantCG5-9623.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/03/02 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Villeneuve, commandant l’escadre de Méditerranée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9623. - </b>Au vice-amiral Villeneuve, commandant l’escadre de Méditerranée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 11 ventôse an XIII [2 mars 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur le vice-amiral Villeneuve, ayant résolu de réunir la plus grande partie de vos forces navales à notre île de la Martinique, notre intention est que vous vous rendiez dans le plus court délai, avec notre escadre de Toulon et les vaisseaux que nous avons dans la rade de Cadix, au Fort-de-France de la Martinique. Si vous y trouvez l’escadre du contre-amiral Missiessy<sup>[^1]</sup>, vous la rangerez sous votre pavillon.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Nous avons donné l’ordre à l’amiral Ganteaume, commandant notre escadre de Brest, forte de 22 vaisseaux de guerre et de plusieurs frégates, de mettre à la voile dans le plus court délai, pour se rendre dans notre île de la Martinique, y opérer sa jonction avec vous et prendre le commandement général de nos forces navales, qui, nous l’espérons, avec l’aide de Dieu, se monteront à plus de 40 vaisseaux de ligne.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">S’il arrivait que cet amiral se trouvât avant vous à la Martinique, vous vous rangeriez sous son pavillon à votre arrivée, lui ayant fait connaître la destination que nous donnons à cette armée navale. Si vous abordez à la Martinique avant lui, vous vous tiendrez prêt à répondre aux signaux de ralliement qu’il vous fera, car il est probable qu’il ne mouillera point, et que, sa jonction faite avec vous, il suivra, sans s’arrêter, sa destination. Vous l’attendrez l’espace de quarante jours depuis le premier jour de votre arrivée à la Martinique ; et, ce terme écoulé, toute probabilité de réunion étant à peu près évanouie, vous reviendrez en Europe en passant vis-à-vis de Santo-Domingo, et faisant tout le mal possible à l’ennemi<sup>[^2]</sup>. Dans ce cas nous vous laissons, en vous concertant avec le général Lauriston, le maître de débarquer à nos îles du Vent et à Santo-Domingo les troupes embarquées à votre bord. Dans l’une et l’autre de ces colonies, vous débarquerez toutes vos troupes de passage. Mais, dans le cas que votre jonction se fît avec l’amiral Ganteaume, vous ne débarquerez à la Martinique, à la Dominique, à Sainte-Lucie, à la Guadeloupe, selon la destination que vous leur donnerez de concert avec le général Lauriston ; que 1 300 hommes, et vous garderez un corps de troupes de 1 800 hommes embarqués sur vos vaisseaux, qui devront suivre la destination des escadres réunies.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dans la supposition que votre jonction ne pût s’opérer avec l’amiral Ganteaume, vous vous dirigerez de Santo-Domingo sur les Canaries, où vous reconnaîtrez la baie de Santiago, et vous établirez une croisière dans ces parages pour intercepter tous les convois allant et venant des Indes en Angleterre. Comme il serait possible aussi que notre escadre de Brest, n’ayant pu, par des raisons quelconques, se réunir à vous à la Martinique, vous joignît cependant dans la baie de Santiago, vous vous tiendrez au moins vingt jours dans ces parages, et vous vous arrangerez de manière que l’amiral Ganteaume, se dirigeant sur cette baie, puisse toujours vous y trouver. Vous opérerez de là votre retour à Cadix, où vous trouverez des ordres pour votre destination ultérieure.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous vous ferez nourrir à la Martinique par les magasins de la colonie, pour ménager vos vivres, afin qu’à votre arrivée à Cadix vous en ayez au moins un mois, et que vous puissiez vous porter à Toulon ou à Rochefort, selon les circonstances.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre croisière à Santiago est spécialement fondée sur l’espérance où nous sommes que vous avez des vivres en suffisance.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Les destinées de l’armée navale auront une grande influence sur les destinées du monde, et nous comptons entièrement sur votre zèle, vos talents, votre bravoure et votre attachement à notre personne dans des circonstances aussi décisives.<sup>[^3]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: La jonction échouera. L’amiral Missiessy, commandant une escadre forte de 5 vaisseaux et 3 frégates, est parti de Rochefort le 11 janvier 1805. Parvenu aux Antilles le 20 février, il en repartira le 22 mars mais n’atteindra l’île d’Aix que le 20 mai 1805. [^2]: Ganteaume est le seul à connaître la finalité de l’expédition antillaise. [^3]: Copie d’expédition, S.H.D., Marine, Vincennes, BB 8-2722 fol. 217. Minute, Archives nationales, AF IV 866, ventôse an XIII, n° 32.</body>