| identifiant | CG1-1490.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1797/04/05 00:00 |
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| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1490. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Scheifling, 16 germinal an V
[5 avril 1797]</h2><p><br/>
</p><p style="text-align: center; font-variant: small-caps">Combat
des gorges de Neumarkt</p><p style="font-variant: small-caps"><br/>
</p><p>L’armée s’est mise en marche le 12. La division du général
Masséna, formant l’avant-garde, a rencontré les ennemis dans les
gorges qui se trouvent entre Friesach et Neumarkt[^1].
L’arrière-garde ennemie a été culbutée dans toutes les
positions qu’elle a voulu disputer, et nos troupes s’acharnèrent
à la poursuivre avec une telle vitesse, que le prince Charles fut
obligé de faire revenir de son corps de bataille ses huit bataillons
de grenadiers, les mêmes qui ont pris Kehl, et qui sont en ce moment
l’espoir de l’armée autrichienne ; mais la 2<sup>e</sup>
d’infanterie légère, qui s’est distinguée depuis son arrivée
à l’armée par son courage, ne ralentit pas son mouvement d’un
seul instant, se jeta sur les flancs de droite et de gauche, dans le
temps que le général Masséna, pour fouler la gorge, faisait mettre
en colonne les grenadiers des 18<sup>e</sup> et 32<sup>e</sup> de
bataille. Le combat s’engagea avec fureur : c’était l’élite
de l’armée autrichienne qui venait lutter contre nos vieux soldats
de l’armée d’Italie. L’ennemi avait une position superbe,
qu’il avait hérissée de canons ; mais elle ne fit que
retarder de peu de temps la défaite de l’arrière-garde ennemie.
Les grenadiers ennemis furent mis dans une complète déroute,
laissèrent le champ de bataille couvert de morts[^2],
et cinq à six cents prisonniers.</p><p>L’ennemi profita de toute la nuit pour filer. À la pointe du
jour, nous entrâmes dans Neumarkt ; le quartier général fut
ce jour-là à Friesach.</p><p>Nous avons trouvé à Friesach quatre mille quintaux de farine,
une grande quantité d’eau-de-vie et d’avoine. Ce n’était
qu’une faible partie des magasins qui y existaient ; l’ennemi
avait brûlé le reste. Nous en avons trouvé autant à Neumarkt.</p><p><br/>
</p><p style="text-align: center; font-variant: small-caps">Combat
d’Unzmarkt.</p><p style="text-align: center; font-variant: small-caps"><br/>
</p><p>Le 14, le quartier général se porta à Scheifling.
L’avant-garde, sur le point d’arriver à Unzmarkt, rencontra
l’arrière-garde ennemie qui voulait lui disputer sa couchée ;
la 2<sup>e</sup> d’infanterie légère était encore d’avant-garde.
Après une heure de combat, l’arrière-garde ennemie, qui, ce
jour-là, était composée de quatre régiments venant du Rhin, fut
encore mise en déroute, et nous laissa 600 prisonniers et au moins
300 morts sur le champ de bataille. Notre avant-garde mangea encore
ce soir-là le pain et but l’eau-de-vie préparés pour l’armée
autrichienne.</p><p>Notre perte, dans ces deux combats, a été fort peu de chose. Le
chef de brigade Carrère, officier du plus grand courage et qui nous
a rendu dans la campagne les plus grands services, a été tué d’un
boulet. C’est le seul officier que nous ayons perdu ; il est
vivement regretté.</p><p>Aujourd’hui nous occupons Knittelfeld, Murau et Judenburg.
L’ennemi paraît s’être décidé à une retraite plus
précipitée, et à ne plus engager de combats partiels.</p><p>Je fais poursuivre, par la division du général Guieu, la
division du général autrichien Spoerken[^3],
qui voulait faire sa jonction par la vallée de la Mur, et dont
l’avant-garde était déjà arrivée à Murau. Notre arrivée
prompte à Scheifling a rendu cette jonction impossible ;
désormais elle ne peut plus se faire qu’au-delà des montagnes qui
avoisinent Vienne.</p><p>Vous trouverez ci-joint la réponse que m’a faite le prince
Charles à ma lettre du 10[^4],
avant le combat du 13. Deux heures après avoir envoyé cette
réponse, comme nous marchions sur Friesach, il a fait demander par
un de ses aides de camp une suspension de quatre heures, proposition
entièrement inadmissible. Il voulait, en gagnant quatre heures,
gagner la journée, et par là avoir le temps de faire sa jonction
avec le général Spoerken ; c’était précisément la raison
qui me faisait marcher jour et nuit.</p><p>Depuis le commencement de la campagne, le citoyen Ordener[^5],
chef de brigade du 10<sup>e</sup> régiment de chasseurs, montre un
courage qui lui captive l’estime de l’armée.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3>
[^1]: La route de Klagenfurt à Vienne passe par Neumarkt.
[^2]: <span></span>Selon les<i>Mémoires</i>de Masséna, il y eut de 700 à 800 tués
autrichiens.
[^3]: <span></span>La<i>Correspondance</i>donnait, fautivement à notre sens, le nom
de « Spork » pour ce général autrichien.
[^4]: Voir ci-dessus, n° 1482 (la lettre est du 11). L’archiduc indique
à Bonaparte qu’il ne dispose pas du pouvoir de traiter et qu’il
attend sur ce point de nouvelles instructions de Vienne. Il fait
porter sa réponse par les généraux Merveldt et Bellegarde qui
doivent tenter de négocier une suspension d’armes.
[^5]: Michel Ordener (1755-1811), sous-officier de cavalerie de l’armée
royale devenu officier grâce à la Révolution, il devient chef de
brigade le 16 septembre 1796.
[^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1690, d’après le
dépôt de la Guerre.</body> |
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