CG5-9547.md

identifiantCG5-9547.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/02/01 00:00
titreNapoléon au général Lauriston, aide de camp de l’Empereur
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9547. - </b>Au général Lauriston, aide de camp de l’Empereur</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 12 pluviôse an XIII [1<sup>er</sup> février 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur le général Lauriston, j’ai reçu votre lettre du 2. J’ai vu avec peine votre retour à Toulon. Je crois que votre amiral a manqué de décision<sup>[^1]</sup>. La séparation des vaisseaux n’était rien. Il faudrait renoncer à naviguer, même dans la plus belle saison, si une opération pouvait être contrariée par la séparation de quelques bâtiments. Votre amiral a dû, dans le cas où cette séparation aurait lieu, leur donner rendez-vous à la hauteur des Canaries, et leur remettre des ordres cachetés, pour que, après avoir resté tant de jours dans ces parages, ils les ouvrissent et connussent l’endroit où ils devraient se rendre ; alors les séparations ne sont rien. L’eau que faisait <i>L’Annibal</i><sup>[^2]</sup>n’était pas une raison suffisante ; il pouvait aller à Cadix : il y aurait versé son monde sur <i>L’Aigle</i><sup>[^3]</sup>. Quelques mâts de hune cassés, quelques désordres dans une tempête, qui accompagnent une escadre sortant, sont, pour un homme d’un peu de caractère, des événements d’une nature fort ordinaire. Deux jours de beau temps eussent consolé l’escadre et mis tout au beau. Mais le grand mal de notre marine est que les hommes qui la commandent sont neufs dans toutes les chances du commandement. Toutefois il faut aujourd’hui réparer le temps perdu. Le ministre<sup>[^4]</sup> a dû donner ordre de débarquer les troupes. Vivez au milieu d’elles, soignez leur instruction ; complétez tous vos bataillons à 800 hommes ; que toutes les compagnies aient leurs officiers et sous-officiers. Les petites réparations de l’escadre faites, et avant la fin du mois, vous aurez ordre de rembarquer pour ailleurs ; car le temps est trop avancé pour votre destination. L’escadre de Rochefort est partie depuis vingt jours ; elle ne doit pas être éloignée de sa destination. J’ai reçu d’ailleurs d’excellentes nouvelles de la Martinique et de la Guadeloupe. Les six frégates que j’y ai envoyées y ont porté des troupes et des munitions. Tenez vos troupes en haleine, et faites-moi connaître en détail la situation de l’escadre. S’il était possible que <i>Le Pluton</i><sup>[^5]</sup> pût remplacer un des plus mauvais vaisseaux, ce serait une bonne opération ; mais je crains qu’il ne faille bien du temps avant qu’il puisse être en rade. Il y a à Toulon deux ou trois flûtes<sup>[^6]</sup> de 300 tonneaux : faites-moi connaître si elles sont en bon état et si l’on pourrait s’en servir.</font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je vous ai nommé général de division.<sup>[^7]</sup></font></p> [^1]: Villeneuve est sorti de Toulon le 17 janvier par gros temps. L’escadre étant dispersée, les navires sont revenus à leur port d’attache dès le 21 et les jours suivants. [^2]: Ex-vaisseau anglais de 74, capturé à Algésiras en 1801. [^3]: Vaisseau de 74 bloqué dans le port de Cadix depuis juillet 1803 (capitaine Gourrège). [^4]: Probablement Decrès ou Berthier. [^5]: <span></span><i>Le Pluton</i> a été mis à flot le 16 janvier 1805 à Toulon. Il sera armé à la hâte pour le 30 mars, afin de renforcer l’escadre de Villeneuve (capitaine Cosmao-Kerjulien). [^6]: Navires armés en transport. [^7]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8309, d’après l’expédition communiquée par le général marquis de Lauriston. Minute, Archives nationales, AF IV 866, nivôse an XIII, n° 24. Extrait [catalogue de vente], Claude Coulet, André Faure, <i>Précieux et très importants souvenirs historiques du I</i><sup><i>er</i></sup><i> Empire et de la Restauration du maréchal de France J.A.B. Law, marquis de Lauriston (1768-1824)</i>, Drouot, 29 octobre 1972, n° 1. Cette lettre est repassée en vente en 1999 à Paris (Piasa, <i>Autographes, documents historiques, livres anciens</i>, Drouot, 12 octobre 1999, n° 248.)</body>