CG1-1486.md

identifiantCG1-1486.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/04/01 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1486. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><span lang="de-DE">Quartier général, Klagenfurt, 12 germinal an V [1</span><sup><span lang="de-DE">er</span></sup><span lang="de-DE"> avril 1797]</span></h2><p lang="de-DE"><br/> </p><p>Je vous ai rendu compte, dans ma dernière dépêche, des combats de Tarvis et de La Chiusa[^1].</p><p>Le 8, trois divisions de l’armée se trouvaient avoir traversé les gorges qui, de l’État vénitien, conduisent en Allemagne, et campaient à Villach sur les bords de la Drave.</p><p>Le 9, le général Masséna se mit en marche avec sa division ; il rencontra, à une lieue de Klagenfurt, l’armée ennemie, et il s’engagea un combat où l’ennemi perdit deux pièces de canon et 200 prisonniers.</p><p>Nous entrâmes le même soir à Klagenfurt, qui est la capitale de la haute et basse Carinthie. Vous trouverez ci-joint l’ordre pour l’organisation de la Carinthie[^2].</p><p>Le prince Charles, avec les débris de son armée extrêmement découragée, fuit devant nous.</p><p>Notre avant-garde est aujourd’hui entre Saint-Veit et Friesach. La division du général Bernadotte est à Laybach[^3], capitale de la Carniole. J’ai envoyé le général polonais Zajonchek à la tête d’un corps de cavalerie, pour suivre la vallée de la Drave, arriver à Lienz et opérer ma jonction avec le général Joubert, qui est à Brixen[^4] ; elle doit être faite à l’heure qu’il est.</p><p>Vous trouverez ci-joint la copie de la lettre que j’ai envoyée par mon aide de camp au prince Charles[^5]. S’il me fait une réponse négative[^6], je ferai imprimer l’une et l’autre dans le manifeste que je compte faire aux habitants de Vienne, dès l’instant que je me serai avancé de quelques marches. S’il arrivait que sa réponse fût favorable et que véritablement la cour de Vienne, dans les circonstances pressantes où elle se trouve, voulût penser à la paix, je prendrai sur moi de signer une convention secrète qui serait un préliminaire de traité de paix, et moyennant laquelle il serait possible d’établir un armistice. Vous sentez bien que les conditions que je signerai seraient beaucoup plus avantageuses, dans les circonstances actuelles, que les instructions que vous avez données au général Clarke.</p><p>Le Rhin est sans doute passé dans ce moment-ci[^7]. J’en attends la nouvelle avec la plus grande impatience ; cela seul peut nous assurer une continuation et une fin de campagne proportionnées au début.</p><p>Depuis le commencement de cette campagne, le prince Charles a perdu près de 20 000 hommes de ses troupes, qui sont nos prisonniers. Aussi, si ce n’était l’incertitude où je me trouve de la marche que tiendra l’armée du Rhin et de la manière dont elle sera dirigée, je serais dans huit jours à Vienne, dont je ne suis aujourd’hui éloigné que de dix-sept postes. Les habitants de la Carniole et de la Carinthie ont, pour le ministère de Vienne et d’Angleterre, un mépris qui ne se conçoit pas. La nation anglaise accapare tellement la haine du continent que je crois que, si la guerre dure encore quelque temps, les Anglais seront tellement exécrés qu’ils ne seront plus reçus nulle part.</p><p>L’armée n’a encore éprouvé presque aucune perte et est dans les meilleures conditions. Si j’avais eu 20 000 hommes de plus, je n’aurais pas besoin d’attendre le passage du Rhin, et l’armée serait entrée dans Vienne presque en poste ; ce qui aurait tellement étonné cette grande nation que je n’aurais eu rien à craindre des différents rassemblements qu’on fait aujourd’hui.</p><p>Je fais réparer les fortifications de Palma Nova et de Klagenfurt.</p><p>Voilà donc les ennemis entièrement chassés des États de Venise ; la haute et la basse Carniole, la Carinthie, le district de Trieste, et tout le Tyrol, soumis <i>aux armes de la République</i>.</p><p>Nous avons trouvé près de Villach un magasin de fers coulés, de cartouches et de poudre, des mines de plomb, d’acier, de fer et de cuivre. Nous avons trouvé près de Klagenfurt des manufactures d’armes et de drap.</p><p><br/> </p><p style="text-align: center">COMBAT DE L’AVISIO.</p><p style="text-align: center"><br/> </p><p>Les divisions des généraux Joubert, Baraguey d’Hilliers et Delmas[^8] se sont mises en mouvement le 30 ventôse ; elles ont enveloppé les corps ennemis qui se trouvaient sur l’Avisio. Après un combat extrêmement opiniâtre, nous avons fait 4 000 prisonniers, pris trois pièces de canon, deux drapeaux et tué près de 2 000 hommes, dont une grande partie de chasseurs tyroliens.</p><p><br/> </p><p style="text-align: center">COMBAT DE TRAMIN[^9].</p><p style="text-align: center"><br/> </p><p>Cependant l’ennemi s’est retiré sur la rive droite de l’Adige, et paraissait vouloir tenir encore. Le 2 germinal, le général Joubert, commandant les trois divisions, se porta à Salurn ; le général Vial s’empara du pont de Neumarkt[^10] et passa la rivière pour empêcher l’ennemi de se retirer sur Botzen. La fusillade s’engagea avec la plus grande force : le combat paraissait incertain, lorsque le général de division Dumas, commandant la cavalerie, se précipita dans le village de Tramin, fit 600 prisonniers, et prit deux pièces de canon ; par ce moyen, les débris de la colonne ennemie, commandée par le général Landon, n’ont pas pu arriver à Botzen et errent dans les montagnes.</p><p><br/> </p><p style="text-align: center">COMBAT DE KLAUSEN.</p><p style="text-align: center"><br/> </p><p>Nous sommes entrés dans la ville de Botzen : le général Joubert ne s’y arrêta pas ; il y laissa une force suffisante pour suivre le général Landon, et marcha droit à Klausen. L’ennemi, profitant de la défense qu’offrait le pays, avait fait les meilleures dispositions. L’attaque fut vive et bien concertée, et le succès longtemps incertain. L’infanterie légère grimpa des rochers inaccessibles ; les 11<sup>e</sup> et 33<sup>e</sup> demi-brigades d’infanterie de bataille, en colonne serrée et commandées par le général Joubert en personne, surmontèrent tous les obstacles. L’ennemi, percé par le centre, a été obligé de céder, et la déroute est devenue générale. Nous avons fait à l’ennemi 1 500 prisonniers.</p><p> Le général Joubert arriva à Brixen, toujours poursuivant les ennemis. Le général Dumas, à la tête de la cavalerie, a tué de sa propre main plusieurs cavaliers ennemis ; il a été blessé légèrement de deux coups de sabre ; son aide de camp Dermoncourt a été blessé dangereusement. Ce général a, pendant plusieurs minutes, arrêté seul, sur un pont, un escadron de cavalerie ennemie qui voulait passer, et a donné le temps aux siens de le rejoindre.</p><p>Nous avons trouvé à Brixen, Botzen et dans divers autres endroits des magasins de toute espèce, entre autres, trente mille quintaux de farine.</p><p>Partout l’ennemi, tant dans le Tyrol que dans la Carinthie et la Carniole, nous a laissé des hôpitaux ; je laisse au chef de l’état-major et au commissaire ordonnateur en chef le soin d’envoyer au ministre de la guerre les états des effets qu’on y a trouvés.[^11]</p><p style="text-align: right"><i>Bonaparte </i> </p> [^1]: En allemand : Klausen. [^2]: <span></span>Par une proclamation, Bonaparte a informé les peuples de Carinthie des bonnes intentions des armées françaises à l’égard des « braves peuples de la Germanie » (<i>Correspondance</i>n° 1667). [^3]: Actuelle Ljubljana. [^4]: En italien : Bressanone. [^5]: Voir ci-dessus. [^6]: Dans sa réponse, l’archiduc invoquera en effet l’absence d’instructions pour repousser l’ouverture de Bonaparte [^7]: Moreau ne franchira le Rhin que le 20 avril. [^8]: Antoine Guillaume Maurailhac d’Elmas de La Coste, dit Delmas (1766-1813), général de brigade (juin 1793) puis de division (septembre 1793), successivement décrété d’accusation, réintégré, rayé des cadres, il sert à partir d’octobre 1794 à l’armée du Rhin. Envoyé en Italie avec une division en janvier 1797. [^9]: En italien : Tremeno. [^10]: En italien : Egna (à ne pas confondre avec Neumarkt en Styrie). [^11]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1666, d’après la Collection Napoléon.</body>
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