| identifiant | CG5-9483.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1805/01/01 00:00 |
| titre | Napoléon à François II, Empereur d’Allemagne |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 9483. - </b>À François II, Empereur d’Allemagne<sup>[^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 11 nivôse an XIII [1<sup>er</sup> janvier 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur mon Frère, plein de confiance dans les sentiments que Votre Majesté Impériale a bien voulu me témoigner, je m’empresse de lui écrire directement pour l’instruire des nouvelles circonstances qui m’ont mis à même de lui donner une preuve de ma considération et du prix que j’attache à l’union de nos deux États. De concert avec le Gouvernement de la République italienne, j’ai cédé tous mes droits sur ce pays, que j’avais depuis la consulte de Lyon, à mon frère Joseph<sup>[^2]</sup>, que j’ai proclamé roi héréditaire de cette contrée, avec la clause de renonciation à la couronne de France, comme cela fut fait au commencement du siècle dernier pour Philippe V<sup>[^3]</sup>, de manière que les deux couronnes ne puissent être réunies sur une même tête. J’ai sacrifié ma grandeur personnelle, j’ai affaibli mon pouvoir ; mais j’en serai amplement récompensé si je puis avoir fait quelque chose d’agréable à Votre Majesté. Ayant ainsi banni toute l’inquiétude que l’on pouvait nourrir de l’idée de la réunion du territoire de la Lombardie à la France, que Votre Majesté me permette de me confier dans ses bonnes dispositions ; qu’elle se repose entièrement sur ma parole de vouloir absolument maintenir la meilleure intelligence entre nos États, et qu’elle considère que la formation d’armées en Carniole et dans le Tyrol m’obligerait à une réunion d’armées en Italie et sur le Rhin<sup>[^4]</sup> ; opérations très coûteuses pour nos finances et qui ne produiraient que de nouvelles charges pour nos peuples. Elles seraient entièrement inutiles, si Votre Majesté partage mon désir de maintenir la paix du continent et de se mettre en garde contre les instigations des Anglais, qui seuls ont la volonté de la troubler, quoique leur intérêt bien entendu serait enfin de laisser se consolider l’Europe, et, après des secousses si violentes, de laisser se rasseoir l’ordre social. Toutefois, que Votre Majesté veuille recevoir avec sa bonté ordinaire les nouvelles assurances de ma plus haute estime et de ma parfaite amitié. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">De Votre Majesté Impériale le bon frère.<sup>[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/> </p> [^1]: Sur la suscription on peut lire : « Au sérénissime et très puissant Empereur, Monsieur mon Frère, l'Empereur des Romains, Empereur héréditaire d'Autriche. » [^2]: On notera que dans sa correspondance avec les principales têtes couronnées, Napoléon n’avise que l’Autriche de son intention de donner le trône d’Italie à Joseph. [^3]: Petit-fils de Louis XIV qui n’abdiquera de ses droits à la Couronne de France que dix années après avoir été fait roi d’Espagne. [^4]: Prenant prétexte d’une épidémie de fièvre jaune à Livourne et autres ports du Midi, le Gouvernement autrichien avait établi un cordon militaire pour protéger ses États. [^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 8250, d’après l’expédition communiquée par le Gouvernement de S. M. l'empereur d'Autriche. Minute, Archives nationales, AF IV 866, nivôse an XIII, n° 17.</body> |