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CG5-11214.md| identifiant | CG5-11214.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/12/23 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11214. - </b>À Joseph</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 2 nivôse an XIV [23 décembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon frère,
je vous envoie une lettre ouverte dont vous prendrez connaissance, et
que vous remettrez à M. Barbé-Marbois<sup>[^1]</sup>,
après l’avoir cachetée. Je doute si je dois attribuer à la
trahison ou à l’ineptie la conduite de ce ministre. Il a avancé
aux fournisseurs 85 millions de l’argent du Trésor. Si j’avais
été battu, la coalition n’avait pas un allié plus puissant. Je
suspends mon jugement, jusqu’à ce que j’aie pu éclaircir par
moi-même la nature d’un si énorme déficit. Causez en
confidentiellement avec le ministre des Finances<sup>[^2]</sup>,
et veillez autant qu’il vous sera possible à ce qu’il ne sorte
pas un sol du trésor sans ordonnance, et à ce que le mal ne
s’aggrave pas. M. Barbé-Marbois a trahi son devoir. Il est inutile
de lui parler de cela et de trop l’alarmer jusqu’à mon arrivée
qui est imminente.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous pouvez
montrer cette lettre au ministre des Finances, et faire venir
secrètement le caissier qui tient les obligations pour savoir ce
qu’il en est sorti de sa caisse et vous assurer qu’il n’en
sortira pas davantage. Je vous dirai franchement que je crois que cet
homme m’a trahi. Ne dites rien de cela à M. Cambacérès, parce
que les frères Michel<sup>[^3]</sup>
y sont pour quelque chose, et que je ne sais pas jusqu’à quel
point ses intérêts peuvent s’y trouver mêlés.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dites
seulement légèrement à M. Marbois que ceci est l’avant-coureur
d’un orage, qu’il n’y a qu’un moyen de le conjurer, c’est
que les obligations soient rétablies au Trésor à mon arrivée ;
qu’il fera bien de s’arranger avec Desprez<sup>[^4]</sup><b>
</b>pour faire tout rentrer promptement dans l’ordre accoutumé,
sans quoi l’orage éclatera. Il ne serait pas étonnant que Desprez
et les deux ou trois meneurs de Barbé-Marbois, dans la crainte de ce
qui leur arrivera ne prissent le parti de faire rétablir les sommes.<sup>
[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3>
[^1]: ministre du Trésor.
[^2]: Gaudin.
[^3]: Associés de la Compagnie des Négociants réunis, compromise dans l’affaire de la Caisse de consolidation d’Espagne, ils gèrent d’autre part les intérêts de Cambacérès.
[^4]: Banquier associé aux Négociants réunis, il s’était chargé de l’escompte du Trésor et avait émis un papier-monnaie, les « bons Desprez », dont le Trésor allait détenir 73 millions en janvier 1806.
[^5]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body> |
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