CG5-11204.md

identifiantCG5-11204.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/12/20 00:00
titreNapoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11204. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 29 frimaire an XIV [20 décembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Les réclamations de M. de Talleyrand, dès son arrivée, seront :</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">1<sup>o</sup> Que la communication soit rétablie entre la Hongrie pour l’approvisionnement de la capitale ; sans quoi les négociations seront rompues. Il motivera cette demande sur l’impossibilité de laisser mourir de faim la ville de Vienne. Il dira qu’au même moment l’Empereur fera arborer ses armes et prendra le gouvernement de la ville. Là-dessus M. de Talleyrand doit témoigner l’indignation de l’Empereur de toutes les mesures que prend le prince Charles depuis son arrivée ; que ce n’est point après que l’Empereur a eu tant de ménagements pour le pays d’Autriche, que l’empereur d’Allemagne doit en avoir si peu pour ses sujets.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">2<sup>o</sup> La seconde réclamation sera pour les levées en masse de Hongrie : que l’archiduc palatin<sup>[^1]</sup> organise une levée en masse, plus bas que Bude, cela est contre l’armistice en général. Il se présentera comme portant peu d’intérêt que l’armistice dure ; en leur montrant le danger prochain, c’est le seul moyen de le leur faire voir dans toute son étendue.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">3<sup>o</sup> Il faudrait convenir, pour Presbourg, de ne point mettre de sentinelles aux portes de la ville ; que je n’avais pas compris dans l’armistice le comitat de Presbourg ; que la demande du maréchal Davout n’est pas fondée, mais que j’avais entendu la banlieue, c’est-à-dire une demi-lieue ou trois quarts de lieue autour de la ville ; que je désire que cette demi-lieue ou ces trois quarts de lieue soient accordés ; qu’il n’y aura pas de poste français, mais qu’il ne doit point y avoir de poste autrichien, et que je préférerais évacuer Presbourg -si, de leur côté, les armées autrichiennes veulent s’éloigner de plusieurs journées dans l’intérieur de la Hongrie.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">M. de Talleyrand doit faire sentir que mon armée est toute réunie sous Vienne, et qu’elle s’y concentre tous les jours davantage ; que cela porte préjudice à la capitale, et que ce préjudice est le résultat de la grande extension que le prince Charles donne à ses quartiers ; et que je ne suis pas assez nigaud pour donner la même extension à mes cantonnements ; que de tout cela c’est la capitale qui souffre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">M. de Talleyrand doit s’attacher à ne pas leur laisser lever le ton, de quelque manière que ce soit ; rien ne serait plus contraire à des négociations. Il doit dire ce que j’ai dit plusieurs fois : Si vous avez des moyens de chasser l’Empereur des Français de Vienne, vous avez tort de ne pas le faire ; car je ne prétends pas vous dissimuler que, le lendemain d’une victoire que vous auriez remportée, votre traité de paix serait meilleur.<sup>[^2]</sup></font></p> [^1]: Joseph, frère puîné de l’empereur François. [^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, frimaire an XIV, n° 49.</body>