|
CG5-11184.md| identifiant | CG5-11184.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1805/12/15 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11184. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 24 frimaire an XIV [15 décembre
1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
mon frère, j’ai vu M. le comte de Haugwitz<sup>[^1]</sup>
; je l’ai longtemps entretenu de mes sentiments, de mes projets et
de mes vues. Il a lu dans mon cœur ; il l’a vu à nu. C’était
une situation si nouvelle pour lui d’avoir eu à se plaindre de
Votre Majesté, qu’il n’a pu se couvrir d’aucun artifice. Je
désire fort que M. le comte de Haugwitz ne cache rien à Votre
Majesté de tout ce que je lui ai dit ; et, si elle a à se plaindre
de quelque chose, je me flatte qu’elle verra que, si elle avait été
pour moi un simple personnage de politique, mon cœur n’eût pas
été aussi sensiblement affecté.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">M. le comte
de Haugwitz est porteur d’un traité où Votre Majesté jugera que
rien n’a pu me faire oublier six ans d’amitié, et surtout la
preuve qu’elle m’a donnée de l’intérêt qu’elle me portait,
ayant été la première à reconnaître ma dynastie. Il ne tiendra
qu’à Votre Majesté que je sois constamment le même pour elle. Si
elle veut, par la pensée, se placer exactement dans ma position, et
apprécier ce que dans cette circonstance j’ai fait pour l’amour
d’elle, elle se convaincra de toute la vérité de mes sentiments.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Un des plus
grands bienfaits que je veux devoir aux succès que j’ai obtenus,
c’est de reconnaître qu’ils m’ont mis au-dessus des préjugés
ordinaires et dans le cas de ne consulter que mon cœur et cette
tendre amitié que je lui ai vouée depuis longtemps. Il m’a été
bien pénible de penser un instant que nos ennemis communs me
l’avaient fait perdre ; mais je sens aujourd’hui que, dans
quelque situation que la politique place désormais nos couronnes, il
n’appartient plus à moi de ne pas me livrer à un sentiment qui
m’a constamment guidé dans tant de circonstances importantes.<sup>[^2]</sup></font></p>
[^1]: Envoyé du roi de Prusse.
[^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, frimaire an XIV, n° 36.</body> |
|---|
| |
|