CG5-11163.md

identifiantCG5-11163.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/12/13 00:00
titreNapoléon à Frédéric II, électeur de Wurtemberg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11163. - </b>À Frédéric II, électeur de Wurtemberg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 22 frimaire an XIV [13 décembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon frère, je ne reçois qu’en ce moment votre lettre du 4 décembre. Aussitôt que j’ai été instruit que l’archichancelier<sup>[^1]</sup> faisait le grand patriote allemand, aujourd’hui que l’on touche à la noblesse immédiate, je lui ai fait connaître le danger pour le Corps germanique de se mettre aujourd’hui contre moi, lorsque la Diète a jugé à propos de se taire quand les États d’un électeur ont été envahis<sup>[^2]</sup> et le territoire germanique violé par les Russes. Mon ministre<sup>[^3]</sup> a ordre de déclarer que ce que vous avez fait<sup>[^4]</sup> est sous ma garantie, et qu’à la moindre atteinte qui y serait portée par le Corps germanique, au lieu de le soutenir, j’aiderais à son disloquement.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Ni vous, ni moi, ni le cabinet de Berlin lui-même ne savent ce que veulent les armées prussiennes. Dans tous les cas, je n’ai pas été sans prendre mes précautions. J’ai ordonné à l’armée du maréchal Augereau de se rendre, par Heidenheim, Aalen et Heilbronn, à Mayence. J’ai fait entrer mon armée du Nord à Amsterdam ; elle se rendra sur les frontières de Münster ; et enfin je lève tant de conscrits en France que, si les choses ne s’arrangent pas promptement, je pourrai former encore deux grandes armées. Prévenez-moi de tout ce qui viendra à votre connaissance, et soyez sans inquiétude.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’espère cependant que la bataille d’Austerlitz et le départ des Russes amèneront l’empereur d’Allemagne à signer la paix dans peu de jours. M. Talleyrand est à Brünn pour cet objet. Quoi qu’il arrive, vous et mes alliés n’aurez qu’à gagner à la continuation de la guerre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faudrait que vos officiers vinssent plus vite et s’arrangeassent à venir en quatre jours, lorsque vos dépêches en valent la peine.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je ne sais ce que je ferai de ma personne, car je dépends des événements. Cependant ne soyez pas surpris si un de ces soirs je tombe chez vous pour vous demander à souper. Il me sera agréable de pouvoir de nouveau faire ma cour à l’Électrice et de vous témoigner de vive voix toute l’amitié que je vous porte.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre bon frère,<sup>[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Carl Theodor von Dalberg. [^2]: Lors de l’invasion de la Bavière par les Autrichiens, en septembre 1805. [^3]: Talleyrand. [^4]: L’occupation d’un certain nombre de seigneuries immédiates en anticipant sur le traité de paix. [^5]: Expédition, Abteilung Hauptstaatsarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, G 243, d. 60.</body>