CG5-11143.md

identifiantCG5-11143.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/12/03 00:00
titreNapoléon à Joseph
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11143. - </b>À Joseph</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Austerlitz, 12 frimaire an XIV [3 décembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon frère, j’imagine que lorsque ce courrier vous arrivera, mon aide de camp Lebrun<sup>[^1]</sup> que j’ai expédié du champ de bataille sera arrivé à Paris. Après quelques jours de manœuvre, j’ai eu hier une bataille décisive. J’ai mis en déroute l’armée coalisée et commandée en personne par les deux empereurs de Russie et d’Allemagne. Leur armée était forte de 80 mille Russes et de 30 mille Autrichiens. Je leur ai fait à peu près 40 mille prisonniers, parmi lesquels une vingtaine de généraux russes, 40 drapeaux, 100 pièces de canon, tous les étendards de la garde impériale de Russie. Toute l’armée s’est couverte de gloire hormis le 1<sup>er</sup> bataillon de votre régiment<sup>[^2]</sup> qui a lâché pied devant une charge de cavalerie. C’est la faute de ce mauvais <i>chef de bataillon</i><sup>[^3]</sup>et du capitaine <i>de grenadiers</i><sup>[^4]</sup>.<sup>[^5]</sup> Je prends des renseignements pour en faire un exemple éclatant<sup>[^6]</sup>.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">L’ennemi a laissé au moins 12 à 15 mille hommes sur le champ de bataille. Je ne connais pas encore ma perte. Je l’évalue à 8 ou 900 hommes tués et le double de blessés. Une colonne entière s’est jetée dans un lac et la plus grande partie s’est noyée. On entend encore de ces malheureux qui crient et qu’il est impossible de sauver. Les deux empereurs sont dans une assez mauvaise position<sup>[^7]</sup>. Vous pouvez faire imprimer l’analyse de ces nouvelles sans les donner comme extraites d’une lettre de moi, ce qui n’est pas convenable. Vous recevrez demain le bulletin.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Quoique j’aie bivouaqué ces huit derniers jours en plein air, ma santé est cependant bonne. Ce soir, je suis couché dans un lit dans le beau château de M. de Kaunitz<sup>[^8]</sup> à Austerlitz, et j’ai changé de chemise, ce qui ne m’était pas arrivé depuis huit jours.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il y a eu une charge de ma Garde et de celle de l’empereur de Russie. La garde de l’empereur de Russie a été culbutée. Le prince Repnine, commandant du corps, a été pris<sup>[^9]</sup> avec une partie du corps, les étendards et l’artillerie de la garde russe.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">L’empereur d’Allemagne m’a envoyé ce matin le prince de Liechtenstein<sup>[^10]</sup> pour me demander une entrevue. Il est possible que la paix s’ensuive assez rapidement. Mon armée sur le champ de bataille a été moins nombreuse que la sienne, mais l’ennemi a été pris en flagrant délit pendant qu’il manœuvrait.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre bien affectionné frère,<sup>[^11]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: Fils de l’architrésorier. [^2]: <span></span> 4<sup>e</sup> de ligne. [^3]: <span></span> Napoléon a rayé le mot <i>major</i>. [^4]: Bigarré. [^5]: Biffé par Napoléon : « que j’ai nommé chef de bataillon. » [^6]: <span></span> La <i>Correspondance</i> (n° 9538) ne publie pas ce passage sur le 4<sup>e</sup> régiment de ligne. [^7]: <span></span> Le mot <i>assez</i> a été ajouté par la suite. [^8]: Chancelier d’Autriche à l’époque de Marie-Thérèse. [^9]: Par le général Rapp. [^10]: Il commandait la cavalerie autrichienne à Austerlitz. [^11]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body>
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