CG1-1475.md

identifiantCG1-1475.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/03/25 00:00
titreNapoléon à Carnot, membre du Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1475. - </b>À Carnot, membre du Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Goritz, 5 germinal an V [25 mars 1797]</h2><p><br/> </p><p>Je vous envoie, mon cher Directeur, une carte du Frioul, parce qu’il serait possible que vous n’en eussiez pas à Paris.</p><p>Le début de la campagne, comme vous voyez, se soutient. Je renverrai demain au Directoire un courrier, où il recevra les nouvelles des avantages que nous avons remportés à notre gauche. Joubert, Baraguey d’Hilliers ont cerné tout ce que l’ennemi avait sur l’Avisio, lui ont pris deux drapeaux, trois pièces de canon et 3 600 hommes ; mais, comme la journée du lendemain a dû nous mettre à Botzen[^1] et compléter notre prépondérance de ce côté-là, je juge à propos que vous ne répandiez pas cette nouvelle jusqu’à ce que je vous instruise de l’issue de toutes nos opérations de ce côté-là[^2].</p><p>Le Rhin est-il passé ? Il est clair que d’ici à quatre ou cinq jours, où mon mouvement va être démasqué et où dès lors l’ennemi sentira dans quel danger il se trouve, on abandonnera à peu près le Rhin pour tomber sur moi. Si Moreau alors ne marche pas à doubles journées sur l’ennemi, de manière à le serrer et à pouvoir le joindre le plus tôt possible, je serai battu et obligé de regagner l’Italie. Vous verrez, par les lettres interceptées que je vous envoie, que l’ennemi espère ouvrir sur-le-champ la campagne au Rhin ; mais ils avaient calculé, comme à leur ordinaire, sans penser à ce que nous pouvions faire. Si le prince Charles commande les deux armées du Rhin et d’Italie, il faut nécessairement, lorsque nous serons en Allemagne, qu’il y ait chez nous unité de commandement.</p><p>Des 30 000 hommes que vous m’avez annoncés, comme je l’ai prévu, il ne m’en est arrivé au plus que 20 000. Si j’avais 20 000 hommes de plus, je crois que je serais à Vienne dans quinze jours. Enfin, si la fortune veut ne pas nous être marâtre[^3], et qu’on se dépêche de passer le Rhin, cette campagne nous offre de grandes espérances.</p><p>Mon projet est de me porter sur Klagenfurt, où j’espère être dans trois ou quatre jours.[^4]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3><p><br/> </p> [^1]: En italien : Bolzano. [^2]: Le 2 avril, devinant le mouvement de Bonaparte, l’Autrichien Loudon contre-attaquera à Botzen. [^3]: <span></span>Soit « comme une mère qui n’a pas de tendresse pour ses enfants », d’après la définition du<i>Dictionnaire de l’Académie</i>de l’époque. [^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er </i></sup><i>publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 1637, d’après une communication du comte H. Carnot.</body>