| identifiant | CG5-11125.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/11/22 00:00 |
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| titre | Napoléon à Barbé-Marbois, ministre du Trésor public |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11125. - </b>À Barbé-Marbois, ministre du Trésor public</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Brünn, 1<sup>er</sup> frimaire an XIV [22
novembre 1805]<sup>[^1]</sup></h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Ce n’est
pas sérieusement que vous me demandez mon approbation à la mesure
que vous avez prise pour M. Vanlerberghe. Vous savez très bien qu’il
a toujours été contre mes principes, même en temps de paix, de
faire des avances à des fournisseurs, et il est bien singulier
qu’après m’avoir entretenu si souvent de l’insuffisance des
moyens du trésor, vous me proposiez de donner 26 millions à un
homme auquel je ne les dois pas, qui a très bien fait son service
tant qu’il l’a fait comme munitionnaire, mais qui, dans ces
derniers temps, l’a fort mal fait. J’y perdrai les 26 millions,
et cela ne sauvera point cet homme.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Quant à ce
que vous dites des receveurs généraux, certes qu’il faut y
revenir, et que là est le grand mal de la situation de nos affaires.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je ne dis
rien de la Banque ; vous connaissez mon opinion là-dessus ; elle n’a
pas fait son métier un instant ; elle a toujours agi en contresens
de son institution. J’espère, dans le courant du mois, être à
Paris, et, par le désordre que je vois s’introduire dans les
finances, je vous assure que j’en ai grande hâte. Un ministre a
dit qu’il valait mieux donner 100 millions à Vanlerberghe que de
le laisser manquer. Permettez-moi de dire que c’est là un propos
de petites maisons. Ce ministre ne connaît pas probablement les
chiffres et ne sait pas ce que c’est que 100 millions.<sup>[^2]</sup></font></p><p style=""><br/>
</p>
[^1]: <span></span> Le même jour Masséna reçoit des instructions signées par Berthier : « Je vous fais connaître, Monsieur le Maréchal, l'entrée de l'armée française à Vienne. Une colonne russe, battue à Krems par le maréchal Mortier, s'est retirée sur Brünn ; l'Empereur est parti de Vienne pour la couper ; son arrière-garde a été atteinte par le prince Murat et le maréchal Lannes, qui l'ont combattue à Hollabrunn ; les Russes, en ce combat opiniâtre, ont perdu 3 000 hommes. Le maréchal Bernadotte a été détaché sur la route de Bohème ; il est à Budwitz, sur la route de Prague. Le reste de l'armée a poursuivi l'ennemi jusqu'à Brünn, où l'ennemi nous a abandonné la place et le fort, avec toute son artillerie et des magasins considérables de vivres et de munitions. À deux lieues au delà de Brünn, le prince Murat a rencontré la cavalerie ennemie, forte de 4 000 hommes ; il s'est engagé un combat de cavalerie à cavalerie : celle de l'ennemi a été culbutée et repoussée jusqu'à moitié chemin de Brünn à Olmütz. Le général Marmont est à Gratz et le maréchal Ney à Inspruck. Kufstein, Scharnitz sont pris. Le maréchal Augereau doit être parti de Kempten. L'intention de l'Empereur, Monsieur le Maréchal, est que vous poursuiviez l'ennemi sans relâche. Laissez un corps d'observation devant Venise ; laissez-en un autre devant Palmanova, et poursuivez l'ennemi l'épée dans les reins, afin qu'il ne puisse pas se jeter sur nous, étant au moment de nous trouver en présence de toutes les forces de l'armée russe. L'Empereur attend donc avec la plus grande impatience l'arrivée de vos troupes à Laybach ou à Gratz, parce que, dans cette position, vous contiendrez le prince Charles et l'empêcherez de venir, par le Danube, à la hauteur de Vienne par la Hongrie ; s'il faisait cette manœuvre, vous auriez le temps d'attendre des ordres, soit pour vous porter en Hongrie, soit pour vous approcher de la Grande Armée. Vous laisserez toutes les troupes italiennes, ainsi que les Polonais, à la disposition du vice-roi, l'intention de l'Empereur étant de ne les laisser pénétrer dans le Tyrol que quand il connaîtra leur état de situation ; mais il donnera de nouveaux ordres à cet égard. Le maréchal Berthier, par ordre de l'Empereur. » <i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i>
publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9518, d’après le dépôt de la Guerre.
[^2]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, frimaire an XIV, n° 5.</body> |
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