CG5-11117.md

identifiantCG5-11117.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/11/17 00:00
titreNapoléon à François II, empereur d’Allemagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11117. - </b>À François II, empereur d’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Znaïm, 26 brumaire an XIV [17 novembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur mon frère, un officier de Votre Majesté m’a remis sa lettre, au moment où je montais à cheval, à Hollabrünn. Je m’empresse de répondre à Votre Majesté pour la remercier de la confiance qu’elle me montre, et pour l’assurer de mon désir de lui être agréable, en même temps que du regret que j’éprouve de voir retardé tous les jours davantage le moment du rétablissement de la paix entre nous.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’aurais désiré pousser mes avant-postes aujourd’hui sur Brünn ; mais je m’arrêterai toute la journée de demain et tout le temps que Votre Majesté y restera, car je ne voudrais pas, lorsque mon seul but est de poursuivre l’armée russe et de la porter à évacuer ses États, faire rien qu’elle pût prendre comme fait en vue de lui être personnellement désagréable.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je prie seulement Votre Majesté de permettre que je lui mette sous les yeux que ses États de Moravie sont dévastés d’une manière horrible, que les esprits, dans toutes les provinces de ses États, même à Vienne, sont aigris au dernier point contre les Russes, et que les conseils d’hommes qui sont l’objet de la haine de tous les peuples de Votre Majesté, et qui la portent encore à s’engager dans un système d’illusion, lui feront perdre entièrement l’amour de ses peuples, qu’elle mérite à tant d’égards.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je supplie donc Votre Majesté de bien considérer qu’il lui est impossible désormais, sans tout à fait les détacher d’elle, de laisser entrer les armées russes sur son territoire ; et à la première marche que de nouvelles armées russes y feraient, je me tiendrais dégagé de tout traité, et il ne me resterait plus qu’à tenter entièrement le sort des événements et les suites des destinées qui ont donné un cours irrésistible à chaque chose. Votre Majesté sera sans doute informée de l’alarme qui s’est manifestée à Vienne à une fausse nouvelle que mes armées avaient été battues par les Russes, et qu’ils s’approchaient de cette capitale. Ce seul événement, résultat du hasard, lui fera juger de la disposition des esprits. Ses sujets nous abordent avec des transports de joie, nous indiquent où sont les Russes, nous aident : « Ce sont des barbares, disent-ils en parlant d’eux ; donnez-nous des armes, nous vous aiderons à les chasser ».</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il me reste à assurer Votre Majesté de tout l’intérêt que je porte à la portion de ses États que le sort de la guerre a mise en mon pouvoir, tant pour l’intérêt propre qu’ils inspirent en ce moment que par le désir que j’ai de donner à Votre Majesté une preuve de mon estime et de mon amitié, et je me flatte que les circonstances actuelles auront cela de bon, qu’elles seront la base d’une amitié durable et sincère, et me mettront à l’abri d’être calomnié par les ennemis du continent. Les Russes brûlent, en se retirant, les plus beaux villages. Si Votre Majesté veut m’assurer qu’ils évacueront tous ses États, je m’arrêterai à Brünn et cesserai de les poursuivre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Sur ce, je prie Dieu, Monsieur mon frère, qu’il veuille avoir Votre Majesté Impériale en sa sainte et digne garde.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">De Votre Majesté Impériale, le bon frère,<sup>[^1]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9503, d’après l’expédition communiquée par l’empereur d’Autriche. Minute, Archives nationales, AF IV 867, brumaire an XIV, n° 64.</body>