| identifiant | CG5-11111.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1805/11/16 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Frédéric II, électeur de Wurtemberg |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11111. - </b>À Frédéric II, électeur de Wurtemberg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 25 brumaire an XIV [16 novembre
1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon frère,
M. de Canisy, un de mes écuyers, que j’envoie pour accompagner
l’Impératrice jusqu’à Munich, vous communiquera le bulletin du
jour ; vous y verrez que nos affaires vont au mieux.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Comme je
n’ai pas de cavalerie jusqu’au Lech, et que je ne sais pas si
l’électeur de Bade<sup>[^1]</sup>
en a, je vous prie de faire placer sur les routes, depuis Ulm jusqu’à
Strasbourg, des piquets de cavalerie pour escorter l’Impératrice.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je ne puis
que vous réitérer la ferme intention où je suis d’exécuter ce
que je vous ai fait connaître ; et, à cet effet, je recevrai
avec plaisir les notes que vous aurez fait rédiger. Je pense que
tout ce que vous pouvez, vous devez le faire. Par exemple, quant aux
postes de l’Empire, vous pourrez vous entendre avec l’électeur
de Bade pour établir vos postes particulières. Vous pourrez aussi
vous emparer de l’ordre équestre, en déclarant ce que vous voulez
en faire, en ne prenant pas les propriétés, mais pour détruire
cette sorte de souveraineté qui sert l’Autriche en gênant celle
des électeurs. Si vous pensez qu’il vous soit utile de vous
emparer des commanderies de l’ordre teutonique en faveur de votre
ordre, je ne veux [sic] pas ce qui peut vous en empêcher. Les choses
à faire à la paix donnent beaucoup d’embarras ; quand elles sont
faites, tout est facile. La Prusse ne pourra pas se plaindre, parce
qu’elle a fait de même, et, comme membre de l’Empire, elle lui
est soumise comme tout autre. S’il est autre chose que vous
puissiez faire, mandez-le-moi, afin que je vous donne mon avis, et
que, dans un traité de paix, on puisse en un mot dire : Tout ce qui
a été fait par les électeurs est reconnu.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Si vous
trouvez moyen de faire passer ici 2 ou 300 voitures, je vous enverrai
l’artillerie qui vous aurait appartenu et que l’Autriche aurait
prise en différents temps, ainsi que des fusils dont j’ai grande
quantité ; mais il est nécessaire de les faire escorter par un bon
détachement de cavalerie, afin que les traîneurs n’y touchent
pas. Tout l’arsenal, toutes les munitions de guerre de la Maison
d’Autriche sont en mon pouvoir. Ce serait peut-être le moment que
vous envoyassiez quelqu’un à Saint-Pétersbourg, auprès de votre
sœur<sup>[^2]</sup>,
pour lui faire sentir qu’ayant fait des projets avantageux pour sa
maison, il serait singulier que la Russie s’y opposât si fortement
; que cela est même avantageux pour la Russie, puisque ce serait
affaiblir l’Autriche ; que cela n’est pas très avantageux à la
France, puisqu’elle pourrait retenir ce qu’elle donne aux autres.
Un homme adroit pourrait tirer parti des circonstances et du
mécontentement de l’empereur de Russie<sup>[^3]</sup>
contre l’Autriche. Je crois qu’une mère qui implorerait son fils
pour la splendeur de sa maison produirait un bon effet, et il serait
possible de prendre une telle tournure et une telle rédaction dans
les traités, que la Russie tirât vanité de votre agrandissement.
Ce que je vous dis là n’est pas une chose de grande importance,
mais vous sentirez qu’elle peut aussi avoir son degré d’utilité.
Pourquoi une mère n’obtiendrait-elle pas de son fils une lettre de
recommandation pour sa maison ? Pour être mère d’un empereur de
Russie, on n’en doit pas moins se souvenir de la maison d’où
l’on sort.<sup>[^4]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p><br/>
</p>
[^1]: Charles-Frédéric.
[^2]: <span></span> L’électeur était le frère de l’impératrice mère Maria Fedorovna, veuve de Paul 1<sup>er</sup>.
[^3]: <span></span> Alexandre I<sup>er</sup>.
[^4]: Expédition, Abteilung Hauptstaasarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, G 243, d. 60.</body> |
|---|
| |