CG5-11108.md

identifiantCG5-11108.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/11/15 00:00
titreNapoléon au général Marmont, commandant du 2e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11108. - </b>Au général Marmont, commandant du 2<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, <i>24</i> brumaire an XIV [15 novembre 1805], <i>5 heures du soir</i></h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur le général Marmont, vous êtes un corps d’observation. Vous ne pouvez pas être, depuis plusieurs jours, appuyé par l’armée, puisque toutes mes forces sont dirigées contre les Russes. Je n’en ai pas beaucoup, puisque je suis obligé de garder Vienne et que, voulant déborder l’ennemi pour l’entamer sérieusement, il m’en faut davantage que si je ne voulais que les combattre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Toutes les fois que vous empêchez l’ennemi de s’emparer du Semmering-Berg et de déboucher dans la vallée du Danube, votre rôle est rempli. Si j’estime que vous n’êtes pas assez fort pour agir indépendamment, je vous crois trop fort pour vous tenir posté sur le Semmering-Berg. J’approuve donc que vous occupiez Bruck, Leoben ; que vous ayez de forts postes à Œdenburg et à Graz. Ainsi éclairé de loin, vous avez le temps de me prévenir, afin que je vous envoie des forces suffisantes, non pour résister inutilement à l’ennemi mais pour l’écraser. Il paraît déjà qu’il se doute que vous pouvez <i>être</i> à Leoben, puisque ses courriers se dirigent de Venise sur Presbourg, et qu’une de nos patrouilles vient d’en arrêter un jusqu’aux portes de cette capitale de la Hongrie.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Dans cette situation des choses, pour vous mettre à même de faire vos calculs, je vous envoie l’extrait des dépêches du courrier qu’on a arrêté. Il en résulte que le prince Charles<sup>[^1]</sup> était encore le 3 novembre à vicence. J’estime qu’il faut à son corps d’armée au moins huit jours pour se rendre à marches forcées à Udine, et huit autres jours pour se rendre à Leoben. Il ne serait donc pas étonnant que, du 20 au 25, il se trouvât soit sur Graz, soit sur Leoben, suivant la route qu’il aurait prise. Nous sommes au 15 ; j’estime donc que, d’ici avant <i>neuf</i> ou dix jours, la masse de ses forces ne peut être dans vos environs. J’espère donc alors pouvoir agir par vous et vous appuyer par une forte armée.<sup>[^2]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: Commandant l’armée autrichienne d’Italie. [^2]: Expédition, S.H.D., GR, 17 C 294, fol. 21.</body>