CG5-11101.md

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fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/11/15 00:00
titreNapoléon à Joseph
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11101. - </b>À Joseph</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Schönbrunn, 24 brumaire an XIV [15 novembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon frère, vous avez vu par le bulletin tout ce que j’ai trouvé à Vienne. Je manœuvre aujourd’hui contre l’armée russe, et dans cette circonstance, j’ai été peu content de Bernadotte<sup>[^1]</sup>, peut-être sa santé est-elle en cause. Son entrée à Munich et à Salzbourg et la gloire que je lui ai donnée par ces belles missions, sans qu’il ait tiré un coup de canon, ni fait aucune des corvées de l’armée ne me mettaient pas dans le cas de m’attendre qu’il manquerait d’activité et de zèle. Il m’a fait perdre un jour et d’un jour dépend le destin du monde : pas un homme ne m’aurait échappé. J’espère qu’il réparera cela demain en activant sa marche. Je désire beaucoup voir Junot<sup>[^2]</sup>, car je me convaincs tous les jours davantage que les hommes que j’ai formés sont sans comparaison les meilleurs. Je continue à être fort content de Murat, de Lannes, de Davout, de Soult, de Ney<sup>[^3]</sup> et de Marmont. Quant à Augereau<sup>[^4]</sup>, je n’entends pas parler de sa marche. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Masséna<sup>[^5]</sup> s’est conduit très médiocrement : il s’est fait battre à Caldiero par de fausses dispositions<sup>[^6]</sup>. L’armée du prince Charles vient sur moi, et en ce moment le pays vénitien doit être évacué. Il ne serait pas mal que par des amis communs vous lui fissiez entendre que je suis médiocrement content non de sa valeur, mais du talent qu’il a montré. Cela aura l’avantage d’exciter son zèle et peut-être aussi d’empêcher les désordres qui commencent dans cette armée. Je sais qu’on a imposé une contribution de 400 000 francs à Vérone autrichienne<sup>[^7]</sup>. Mon intention est de rendre si riches les généraux et officiers qui m’ont bien servi que je n’entends pas qu’ils déshonorent par la cupidité le plus noble métier en s’attirant la déconsidération du soldat.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Le général Dejean a mis pour l’armement de la citadelle d’Ancône une emphase vraiment ridicule. Les raisons qu’il a données sont des pauvretés. Appuyez le connétable<sup>[^8]</sup> : toutes les raisons que Dejean peut donner ne signifient rien. C’est l’usage des officiers du génie de faire de l’esprit, mais je veux qu’on arme et cela suffit.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">L’empereur d’Allemagne<sup>[^9]</sup> m’écrit les plus belles lettres du monde, mais il m’a laissé occuper sa capitale, et il n’a pas encore secoué l’influence des Russes. Il doit être à présent avec l’empereur Alexandre, mais un jour ou l’autre, il faudra bien qu’il se décide. </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Votre bien affectionné frère,<sup> [^10]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p style=""><br/> </p> [^1]: Beau-frère de Joseph. [^2]: Il a quitté son ambassade du Portugal, et son arrivée prochaine est annoncée. [^3]: <span></span> Ney reçoit le 16 novembre preuve de satisfecit « L'Empereur me charge, Monsieur le Maréchal, de vous témoigner toute sa satisfaction pour l'activité et le talent que vous avez mis dans l'occupation du Tyrol. Son intention est, comme je vous l'a fait connaître par ma dernière dépêche, que vous remettiez à un général bavarois le commandement de toutes les troupes qui sont dans le Tyrol, et qui, lui-même, aura le commandement de ce pays. Le général Deroy, qui est à Munich, a reçu l'ordre d'y envoyer le plus de Bavarois qu'il pourra. Ordonnez qu'on fasse sauter tous les retranchements et toutes les forteresses qui séparent la Bavière du Tyrol. Du moment qu'il y aura 5 000 Bavarois dans le Tyrol, vous vous dirigerez sur Salzburg. Bien entendu que toute l'artillerie et tous les magasins que vous consignerez aux Bavarois appartiennent à l'armée française. Arrivé à Salzburg, vous réunirez à votre corps d'armée tous les Bavarois inutiles à la garde du Tyrol. L'Empereur espère que vous pourrez avoir 4 à 5 000 hommes ; l'intention de Sa Majesté est qu'avec ce renfort vous vous portiez sur Leoben. Au reste vous recevrez des ordres à votre arrivée à Salzburg. L'intention de l'Empereur est que vous tâchiez de communiquer avec le général Marmont, qui a des postes à Leoben et qui a ordre de se porter sur Gratz à la poursuite du prince Charles. Nous cernons l'armée russe, qui a demandé à capituler, promettant d'avance d'évacuer l'Autriche et de s'en aller chez elle ; l'Empereur n'a pas approuvé cette capitulation, et ou suit les Russes l'épée dans les reins. Nous avons trouvé tous les magasins de Vienne pleins ; rien n'avait été évacué. Nous sommes à Presbourg ; la Hongrie demande à être neutre. Envoyez quelqu'un au maréchal Augereau pour savoir s'il est vif ou mort ; donnez-lui toutes les bonnes nouvelles de l'armée. Des 16 000 fusils qui sont à Inspruck, vous en ferez remettre 8 000 à la disposition de l'électeur de Bavière. Le maréchal Berthier, par ordre de l'Empereur. » <i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9500, d’après le dépôt de la Guerre. [^4]: <span></span> Commandant le 7<sup>e</sup> corps (réserve), il manœuvre en Bavière. [^5]: Commandant en chef de l’armée d’Italie. [^6]: Le 30 octobre. La bataille fut en réalité indécise. [^7]: Au traité de Lunéville, la ville de Vérone, traversée par l’Adige, avait été partagée entre l’Autriche et l’Italie. [^8]:  Louis Bonaparte. [^9]: François II. [^10]: Expédition, Archives nationales, fonds Napoléon, 400 AP 10.</body>
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