CG1-1472.md

identifiantCG1-1472.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1797/03/24 00:00
titreNapoléon au Directoire exécutif
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 1472. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Goritz, 4 germinal an V [24 mars 1797]</h2><p><br/> </p><p>M. Pesaro[^1], sage-grand[^2] de la République de Venise, a été envoyé ici, accompagné d’un sage de Terre ferme ; il est revenu relativement aux événements de Brescia et de Bergame. Les peuples de ces deux villes ont désarmé la garnison vénitienne et chassé les provéditeurs de la République de Venise. Un germe d’insurrection gagne toutes les têtes de cette République. Vous trouverez ci-joint une lettre que m’avait écrite précédemment M. Battaglia, provéditeur de la République de Venise, et la réponse que je lui ai faite[^3]. Ma conduite avec M. Pesaro était assez délicate ; ce n’est pas dans un moment où Palma Nova n’est pas encore approvisionné et armé, où nous avons besoin de tous les secours du Frioul et de toute la bonne volonté du gouverneur vénitien pour nous approvisionner dans les défilés de l’Allemagne, qu’il fallait nous brouiller. Il ne fallait pas non plus qu’ils pussent envoyer 4 ou 5 000 hommes, et écraser les personnes qui, à Brescia et à Bergame, nous sont attachées, quoique je n’approuve pas leur conduite et que je croie que leur insurrection nous est, dans le moment, très nuisible ; mais le parti ennemi de la France est, dans ces différentes villes, si acharné contre nous, que, s’il prenait le dessus, il faudrait être en guerre ouverte avec toute la population. J’ai dit à M. Pesaro que le Directoire exécutif n’oubliait pas que la République de Venise était l’ancienne alliée de la France ; que nous avions un désir bien formé de la protéger de tout notre pouvoir ; j’ai demandé seulement d’épargner l’effusion du sang, et de ne pas faire un crime aux citoyens vénitiens qui avaient plus d’inclination pour l’armée française que pour l’armée impériale ; que nous ne soutenions pas les insurgés, qu’au contraire je favoriserais les démarches que ferait le Gouvernement ; mais que je croyais que, comme ils avaient envoyé un courrier au Directoire exécutif, il serait bon peut-être d’en attendre le retour, parce que je croyais que la seule intervention de la France dans ces affaires pourrait ramener les esprits, sans avoir besoin de recourir aux armes. Nous nous sommes quittés bons amis ; il m’a paru fort content. Le grand point, dans tout ceci, est de gagner du temps. Je vous prie, pour ma règle, de me donner une instruction détaillée.</p><p>Les villes d’Ancône, du duché d’Urbino, de la province de Macerata, m’accablent de députations pour me demander à ne pas retourner sous l’autorité papale. La révolution gagne véritablement toutes les têtes en Italie ; mais il faudrait encore bien du temps pour que les peuples de ces pays pussent devenir guerriers et offrir un obstacle sérieux.</p><p>Vous trouverez ci-joint un exemplaire de la constitution de la République cispadane[^4].</p><p>Les Lombards sont très impatients ; ils voudraient qu’on déclarât leur liberté et qu’on leur permît également de se faire une constitution ; ils soudoient[^5] dans ce moment 1 500 Polonais et 2 000 hommes de la légion lombarde. L’un et l’autre de ces corps commencent à s’organiser assez bien.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Bonaparte</i></h3> [^1]: Francesco Pesaro (1740-1799), ancien ambassadeur et membre du conseil des Sages de la République de Venise, procurateur de Saint-Marc, plénipotentiaire du doge de Venise. [^2]: En dehors du Grand Conseil, du Sénat et du Conseil des dix, le gouvernement de la République de Venise est assuré par un collège composé du Doge, de ses six conseillers, des trois membres les plus anciens du tribunal de la Qarantia, de six sages-grands, de cinq sages de Terre ferme et de cinq sages aux ordres. En pratique, les sages grands jouent un rôle équivalent à celui des ministres dans d’autres systèmes. [^3]: Voir ci-dessus, n° 1446. [^4]: La République cispadane a été proclamée le 27 décembre 1796. Elle a été dotée d’une constitution le 19 mars 1797, en même temps que son territoire a été divisé en sept départements. Elle réunit les territoires de Bologne, Ferrare, Modène, Reggio, Massa, Carrare, Garfagnana et de Romagne. [^5]: Dans le sens de « payer une solde à des gens de guerre ». [^6]: Minute, Archives du ministère des Affaires étrangères, Correspondance Politique, Milan, vol. 55, fol. 303.</body>
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