CG5-11090.md

identifiantCG5-11090.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/11/13 00:00
titreNapoléon au général Marmont, commandant du 2e corps de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11090. - </b>Au général Marmont, commandant du 2<sup>e</sup> corps de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Pœlten, 22 brumaire an XIV [13 novembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">J’ai reçu votre lettre du 19, de Leoben. Je crois que, le 21, l’artillerie de votre corps d’armée sera réunie. Si le prince Charles venait effectivement par Judenburg, il y a dans la vallée de la Mur deux ou trois ponts qui, brûlés à propos et défendus par quelques postes, occasionneraient deux ou trois jours de retard à ce prince, et vous donneraient le temps de réunir vos troupes pour marcher à sa rencontre avec précaution, avantage, et me mettre à même de vous envoyer des secours.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il paraît que l’ennemi a évacué toutes les positions du Tyrol et de l’évêché de Salzburg. Faites donc veiller les débouchés de Rottenmann. Il serait assez important de tenir cette route libre et de vous mettre en correspondance avec le commandant bavarois qui est à Salzburg, et qui a des forces assez considérables. À l’heure qu’il est, Kufstein doit être pris. Le général bavarois pourrait vous envoyer quelques bataillons, de vous à lui. En tout cas, c’est ce que vous devez bien faire reconnaître ; et qu’il y ait des patrouilles à moitié chemin, de part et d’autre.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Envoyez un parti sur Graz, tant pour avoir des nouvelles que pour en tirer des vivres. Vous vous trouverez à même de bien monter votre cavalerie. Tâchez de m’envoyer cinq centaines de chevaux pour les chasseurs et les grenadiers de ma Garde. La Styrie a beaucoup de chevaux, et, pour peu que vous restiez là, vous aurez doublé votre cavalerie. Maintenez-vous maître des hauteurs qui séparent Bruck de Vienne. Il serait bien utile que cette route fût libre pour nos courriers.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je suis entré à Vienne ce matin. Je me suis emparé du pont du Danube, où j’ai trouvé une soixantaine de pièces d’artillerie de campagne. L’armée russe s’est retirée à Stein en repassant sur la rive gauche du Danube. Elle a eu une forte échauffourée avec le maréchal Mortier, qui, quoique à la tête de 4 000 hommes seulement, a tenu tête à 25 000 Russes et leur a pris quatre drapeaux. Le pont de Vienne me met à même de marcher sur eux ; on ne sait pas ce qui leur arrivera.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Si je me résous à vous laisser longtemps dans votre position, je vous enverrai la division batave. Toutes les nouvelles qu’on débite sur l’armée d’Italie, je les crois fausses. Le fait est que, le 8 brumaire, le quartier général du maréchal Masséna était à vicence. Ayez l’œil sur ce qui se passe dans le Tyrol. Ney devrait être à Innsbruck ; cependant je n’ai pas de nouvelles encore. Faites reconnaître aussi la route de Bruck à Saint-Pœlten. Faites-en faire un croquis en règle, ainsi que de celle de Bruck à Vienne par Neustadt, de Leoben à Enus par Esling, et de Leoben à Salzburg par Rottenmann. Que les distances, les villages, les rivières, tout cela soit bien marqué sur une grande échelle. Faites-vous faire du biscuit, afin de pouvoir, cinq ou six jours, manœuvrer librement sans être embarrassé de subsistances.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Emparez-vous de tous les revenus de Styrie, au compte de l’armée, et nommez un commissaire pour les gérer, ainsi que toutes les branches de l’administration. Il ne sera pas difficile de vous procurer en abondance des souliers à votre corps d’armée ; procurez-en aussi 12 000 pour les autres corps. Graz est un lieu de grande ressource. Procurez-vous également des capotes.<sup>[^1]</sup></font></p><p><br/> </p> [^1]: Minute, Archives nationales, AF IV 867, brumaire an XIV, n° 42.</body>