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CG5-11082.md| identifiant | CG5-11082.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1805/11/08 00:00 |
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| titre | Napoléon à François II, empereur d’Allemagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11082. - </b>À François II, Empereur D’Allemagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Linz, 17 brumaire an XIV [8 novembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Monsieur
mon frère, le lieutenant général comte Gyulai m’a remis la
lettre de Votre Majesté Impériale. Qu’elle permette que je la
remercie de tous les bons sentiments qu’elle contient pour moi.
J’ose le dire à Votre Majesté, les ennemis des deux nations n’ont
pu parvenir à rallumer le flambeau de la guerre qu’en calomniant
mes intentions. C’était la seule marche que pouvait suivre
l’Angleterre pour arriver à son but d’être encore longtemps
l’arbitre absolu des mers et du commerce du monde. </font>
</p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il ne
m’appartient pas de juger ce que Votre Majesté doit faire dans sa
situation ; mais je vois avec quelque peine que Votre Majesté s’en
rapporte à l’empereur de Russie<sup>[^1]</sup>,
qui n’a point dans nos querelles le même intérêt qu’elle et
moi, puisque la sûreté et le bien-être de ses peuples ne dépendent
pas des événements actuels. Cette guerre n’est pour la Russie
qu’une guerre de fantaisie ; elle est pour Votre Majesté et pour
moi une guerre qui absorbe tous nos moyens, tous nos sentiments,
toutes nos facultés. Je ne puis que réitérer à Votre Majesté ce
que j’ai dit à M. le comte Gyulai en grand détail : je désire la
paix, et je regarderai comme un moment fortuné celui où Votre
Majesté n’écoutera que l’intérêt de sa couronne et le bien de
ses peuples, et non le vœu d’une puissance qui se trouve dans une
position si différente. </font>
</p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Ce n’est
pas que je veuille entacher en rien le caractère personnel de
l’empereur Alexandre. Je connais trop toute l’étendue de la
trame dont il est entouré depuis trois ans, pour être étonné que
ses intentions, bonnes et bienfaisantes, aient cependant produit un
effet tout contraire. Il voulait être le pacificateur et le
bienfaiteur de l’Europe, et ses intermédiaires l’ont rendu le
boutefeu et le principal moteur de la discorde du continent. J’ai
eu personnellement beaucoup de relations avec l’empereur Alexandre,
et ces relations ont laissé dans mon cœur des traces de sa bonté
et de ses belles qualités. Aujourd’hui jeune, il acquerra plus
d’expérience, et il réalisera tout le bien qu’il veut à
l’Europe et au genre humain. J’espère qu’alors il rendra plus
de justice à mes sentiments et à la franchise de l’amitié que je
lui ai montrée dans toutes nos communications. Mais, jusqu’à ce
que cet instant soit arrivé, faut-il que les peuples d’Allemagne
et de France soient livrés à toutes les incertitudes et à toutes
les angoisses de la guerre ? </font>
</p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">M. le comte
Gyulai ne s’est pas cru autorisé à rien conclure pour une
suspension d’armes. Il dira à Votre Majesté combien je suis
disposé à en finir très promptement, mais aussi combien je crains
les délais et les intrigues dont j’ai éprouvé toute l’amertume
dans les circonstances passées. Tous les objets qui peuvent nous
diviser sont si communs à nos ministres qu’ils peuvent les
terminer en peu d’instants. Mais quelle que soit la tournure que
les circonstances compliquées et difficiles où nous nous trouvons
donneront à ces premières ouvertures, je prie Votre Majesté de ne
jamais douter du plaisir que j’ai de lui être agréable, et d’être
bien convaincue que mon véritable penchant, comme ma volonté la
plus déterminée, est de contribuer au bonheur de ses peuples et à
son bonheur particulier, en les conciliant toutefois avec ce que je
dois au bien-être de mes peuples.<sup>[^2]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: <span></span> Alexandre I<sup>er</sup>.
[^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9464, d’après l’expédition communiquée par l’empereur d’Autriche. Minute, Archives nationales, AF IV 867, brumaire an XIV, n° 36.</body> |
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