CG5-11078.md

identifiantCG5-11078.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/11/07 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, ministre de la Guerre, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11078. - </b>Au maréchal Berthier, ministre de la Guerre, major général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Linz, 16 brumaire an XIV [7 novembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon cousin, depuis deux jours on n’a éprouvé ici que la mauvaise volonté des agents que l’empereur a placés pour l’administration de la ville.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Voici les mesures qu’il est nécessaire de prendre : </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">1<sup>o</sup> que ceux qui auraient pillé des magasins, ou, sous prétexte d’achats, auraient tiré des effets des magasins les huit derniers jours qui ont précédé l’arrivée des Français, soient tenus de les rapporter sur-le-champ dans les magasins militaires ; </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">2<sup>o</sup> que la ville fournisse chaque jour, à point nommé, sous peine d’exécution militaire, 25 000 rations de pain ; </font> </p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">3<sup>o</sup> que l’on prenne tous les cuirs et souliers qu’on peut trouver dans les magasins militaires et particuliers, ainsi que tous les draps propres à faire des capotes, en donnant des bons.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Je désire trouver ici du cuir pour une soixantaine de milliers de paires de souliers, du drap pour autant de capotes, et du drap fin pour quatre mille capotes d’officiers, que je donnerai en gratification aux officiers.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut se servir de la régence<sup>[^1]</sup>, si elle veut s’y prêter, sinon s’adresser directement aux magasins de la ville, en employant des soldats de la ville, mêlés à des gendarmes et à des soldats français, pour faire des visites domiciliaires.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Vous adresserez cet ordre à M. Daru, qui restera ici, et au commandant de la place<sup>[^2]</sup>, en leur faisant connaître que mon intention est qu’ils fassent partir, tous les jours, 20 000 rations de pain et 20 000 d’eau-de-vie par le Danube pour rejoindre l’armée.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Les soldats qui font la police de la ville seront mis en activité, et on exigera serment des chefs de ne rien faire contre mon service. Il sera facile au commandant d’armes de trouver dans ces soldats quelques espions qui le mettent au fait des localités.</font></p><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Il faut tirer tout ce qui sera possible de la ville pour la réorganisation et le bien-être de l’armée. On donnera des bons sur lesquels on payera par la suite ; et, avec cette formalité, on pourra prendre dans les magasins et propriétés particulières. On fera également la recherche de tous les plombs et poudres qui pourront se trouver dans les magasins particuliers.<sup>[^3]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Administration autrichienne. [^2]: Le général Godinot. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 9460, d’après le dépôt de la Guerre. Minute, Archives nationales, AF IV 867, brumaire an XIV, n° 33.</body>