CG5-11066.md

identifiantCG5-11066.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1805/11/02 00:00
titreNapoléon à Frédéric II, électeur de Wurtemberg
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG5</i> - 11066. - </b>À Frédéric II, électeur de Wurtemberg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ried, 11 brumaire an XIV [2 novembre 1805]</h2><p><font size="3" style="font-size: 12pt">Mon frère, je vois avec plaisir que tout ce que je vous ai dit chez vous, je pourrai le réaliser. J’approuve fort que vous envoyiez un ministre près de moi. Il peut d’abord se rendre à Munich auprès de M. Talleyrand, qui devait s’arrêter à Stuttgart, mais qui, à vous le dire franchement, n’a pas attendu mes ordres pour venir me joindre. De là, la personne que vous m’enverrez pourra se rendre à Braunau, où l’aide de camp que j’ai laissé à ce quartier général pourra lui donner des indications pour sa destination ultérieure. Je n’ai encore aucune proposition de paix ; cependant mes troupes ont passé l’Inn, la Salza et la Traun. L’empereur d’Autriche<sup>[^1]</sup> était le 25 octobre à Wels<sup>[^2]</sup>. Il a été extrêmement peiné des nouvelles qu’il y a apprises de son armée et aussi des cris de ses peuples. Les Russes pillent, brûlent et bâtonnent d’une manière<sup>[^3]</sup> que les peuples d’Autriche et de Bohême nous appellent à grands cris pour les délivrer de ces singuliers alliés. Nous avons atteint leur arrière-garde et leur avons fait une centaine de prisonniers. Dans les instructions que vous donnerez à votre ministre, il faut bien déterminer la partie des usages germaniques qu’il est nécessaire d’abolir, et qui ne serviraient à rien qu’à donner à l’Empereur d’Allemagne un pouvoir qui n’a plus de compensation, puisqu’il n’offre plus de garantie : je veux dire, d’abord la Cour aulique, une grande partie des attributions de la Diète de Ratisbonne, qui en vérité n’est plus qu’une misérable singerie. Je ne sais point quel parti prendra la cour de Vienne. Les événements d’Ulm ont été reçus à Vienne extrêmement tard : des lettres de Vienne du 28 octobre, qui ont été interceptées, ne parlaient encore que du combat de Wertingen ; mais aujourd’hui, que nous avons passé Wels, il est possible qu’on soit instruit des derniers événements ; ce qui amènera probablement une résolution. J’ai appris avec plaisir que le prince électoral était arrivé<sup>[^4]</sup>. Un père est toujours un père ; je sens donc combien cet événement doit être agréable pour vous et pour votre famille. Du reste le prince électoral, qui peut être vif, a des talents et des connaissances ; et, à vingt-deux ans, bien des choses sont permises qui ne le sont pas à plus de trente.<sup>[^5]</sup></font></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: François II. [^2]: C’est là que s’était réunie l’armée autrichienne d’Allemagne avant de marcher sur Ulm. [^3]: <span></span> La <i>Correspondance </i>(n° 9444, d’après les Archives de l’Empire) publie « si effrénée ». [^4]: Le prince héritier, en conflit avec son père qui ne voulait pas lui permettre d’épouser sa maîtresse Thérèse Abel, venait de passer deux ans à Paris. [^5]: Expédition, Abteilung Hauptstaasarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, G 243, d. 60.</body>